Dimanche 24 janvier 2021

La bosse du commerce

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 1 mars 2016 - 348 mots

Les marchands d’art français n’ont décidément pas la « bosse » du commerce international. Alors que la foire hollandaise Tefaf vient d’annoncer qu’elle allait reprendre deux salons new-yorkais pour installer sa marque aux États-Unis, Reed, l’organisateur de la Fiac et de Paris Photo annonçait coup sur coup qu’il abandonnait l’édition californienne de Paris Photo, et qu’il renonçait à lancer une Fiac à Los Angeles. Pendant ce temps, les Suisses d’Art Basel continuent à ouvrir des enseignes sur tous les continents. La même remarque vaut pour les maisons de ventes aux enchères. Drouot, la marque leader internationale d’après-guerre, n’est plus qu’une coopérative repliée dans le 9e arrondissement de Paris, bientôt de nouveau dans l’actualité avec le « méga procès » des « cols rouges », laissant l’américaine Sotheby’s et l’anglaise Christie’s dominer le monde. Et si l’on sait depuis longtemps que nos galeries d’art moderne et contemporain ont, elles aussi, du mal à rayonner au-delà de Paris, se risquant tout au plus à mettre un pied dans la francophone Bruxelles, un chiffre inquiétant concerne cette fois les antiquaires français. Ils ne sont en effet que trente-six à être acceptés à Maastricht, alors qu’il y a soixante-quinze antiquaires anglais. Que les galeries françaises soient à la peine quand les artistes contemporains français ont une faible cote internationale, cela se comprend d’un point de vue commercial. Mais les antiquaires ? La France n’est-elle pas le grenier du monde pour les meubles et objets d’art ? N’a-t-elle pas été la capitale de l’art, depuis Louis XIV jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, attirant de nombreux artistes qui ont laissé un stock considérable d’œuvres de qualité ? Et l’on ne va pas faire l’injure à nos amis britanniques d’avancer que leurs greniers sont moins remplis que les nôtres.

La France a manifestement du mal à créer des champions dans le commerce de l’art, alors qu’elle réussit si bien dans la grande distribution avec Carrefour ou la distribution spécialisée avec par exemple Sephora. Voilà un autre sujet de réflexion pour la mission parlementaire sur le marché de l’art dont nous parlions dans un précédent éditorial.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°452 du 4 mars 2016, avec le titre suivant : La bosse du commerce

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