Ernst Beyeler, un galeriste bâlois

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 2 mars 2010 - 307 mots

Ernst Beyeler, l’un des plus grands marchands d’art moderne du XXe siècle, vient de s’éteindre. En ouvrant dans la seconde partie des années 1940 sa galerie dans sa ville de Bâle, il choisissait une cité déjà totalement acquise à la cause de l’art. Dès 1661, le conseil et l’université de la ville avaient acheté le Cabinet Amerbach, l’une des plus anciennes collections d’art accessibles au public. Cette tradition de mécénat se poursuivit avec le banquier et homme d’affaires Christoph Merian (1800-1858) dont la fondation continue de financer expositions et résidences d’artistes. Créée en 1933, la Fondation Emanuel Hoffmann est l’un des principaux mécènes du Kunstmuseum. Bâle lui doit aussi son Musée d’art contemporain ouvert sur les bords du Rhin en 1980, le premier musée d’Europe exclusivement consacré à la création actuelle.

Depuis, la Fondation Emanuel Hoffmann a frappé plus fort encore en ouvrant, en 2003, le Schaulager dans la banlieue de la ville. Dans ce contexte, Ernst Beyeler ne cessera au cours de sa carrière de s’investir pour sa cité. Il n’est pas étranger au résultat du référendum, organisé en 1967 dans le canton de Bâle-Ville, qui permit au Kunstmuseum d’acheter deux Picasso. Touché, l’artiste donna ensuite quatre autres œuvres au musée. En 1992, Ernst Beyeler fut à l’initiative de l’érection d’une statue de Picasso, L’Homme aux bras écartés, derrière le Kunstmuseum, qui rappelle cet événement. Le marchand fut aussi à l’origine, avec Trudl Bruckner et Balz Hilt, de la création en 1970 de la Foire Art Basel, qui permit de placer l’agglomération rhénane au centre de la géographie mondiale de l’art. Cette tradition d’engagement pour sa ville n’est sûrement pas étrangère à la réflexion du galeriste qui le conduisit à ouvrir un musée aux portes de Bâle. Aujourd’hui et demain, la Fondation Beyeler perpétuera le souvenir d’un galeriste amoureux de l’art et de sa ville natale.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°320 du 5 mars 2010, avec le titre suivant : Ernst Beyeler, un galeriste bâlois

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