Mercredi 21 février 2018

De l'art et des loisirs

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 17 juillet 2007

La saison estivale est traditionnellement riche en expositions. Profitant d’une mobilité plus importante des amateurs d’art, les musées réservent à cette période la manifestation phare de leur programmation annuelle. Et les institutions de province bénéficient naturellement pendant l’été de pics de fréquentation. Cette année, le Musée des beaux-arts de Quimper, par exemple, présente une exceptionnelle rétrospective d’Yves Tanguy, peintre surréaliste d’origine bretonne. L’art contemporain n’est pas en reste avec une initiative inédite : l’opération « Plein soleil ». Poursuivant un travail de fond tant par des actions prospectives que par le regard qu’ils portent sur une histoire récente à réévaluer, ces espaces d’art contemporain répartis sur l’ensemble du territoire, au cœur des régions de France, s’associent de façon intelligente pour offrir un véritable parcours, du nord au sud et d’est en ouest. Disposant dans la plupart des cas de budgets limités, ils témoignent une fois encore de leur engagement pour l’art, pour les artistes, et leur souhait de présenter au public un programme porté par une ouverture au monde comme par une exigence dans leurs choix, avec une qualité sans cesse renouvelée. Il suffit de visiter ne serait-ce que les pays d’Europe pour mesurer la richesse du tissu hexagonal des centres d’art, qui méritent bien justement ces rayons de soleil.
En Europe justement, Venise devrait être cet été une destination prisée par les amateurs d’art contemporain. Sa biennale reste en effet un moment privilégié pour prendre le pouls de la création actuelle. Même si de nombreux professionnels – à l’instar de notre journaliste (lire p. 13) – ont jugé l’exposition de l’Arsenal un peu déprimante, il faut néanmoins souligner l’œuvre exigeante réalisée cette année par son commissaire, Robert Storr. Les biennales ressemblent trop souvent à des déroulés de listes d’artistes sans cohérence entre eux pour ne pas saluer la rigueur intellectuelle et le travail de construction accompli par l’Américain. Certes la vision du monde qu’il propose, avec toute sa dureté, ne fait peut-être pas rêver, mais elle témoigne justement d’une fonction de l’art trop souvent évacuée dans notre société obnubilée par le divertissement.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°263 du 6 juillet 2007, avec le titre suivant : De l'art et des loisirs

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