Samedi 23 novembre 2019

Champions nationaux

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 25 mai 2011 - 312 mots

Les grandes manœuvres dans les salons internationaux ont commencé. Coup sur coup, l’organisateur de la Foire de Bâle, déjà présent à Miami, a racheté un salon à Hongkong tandis que Frieze annonce une édition new-yorkaise pour mai 2012. À l’heure de la mondialisation, rares sont les secteurs qui échappent à l’émergence d’acteurs internationaux. Ce qui les caractérise tous ? Une base nationale puissante. Dans les ventes publiques, le duopole Sotheby’s et Christie’s s’impose partout (à l’exception de la Chine) après avoir fait place nette aux États-Unis et à Londres.
Côté galeries, Gagosian, qui vient d’ouvrir son dixième espace à Hongkong, s’est d’abord imposé à New York. Les musées sont eux aussi engagés dans cette internationalisation, avec le Guggenheim, et, heureuse surprise, un Français, le Louvre. Mais le Louvre fait figure d’exception parmi nos compatriotes. Car c’est précisément parce qu’il est un géant en France qu’il peut s’ouvrir au monde.

Dans le secteur marchand, la situation est moins glorieuse. Empêtrée dans sa gouvernance d’un autre temps, Drouot, qui avait pour lui une marque et une source presque inépuisable de marchandises, a raté le vent de la libéralisation et l’on ne voit pas comment il pourrait redevenir un champion national. Autant dire qu’il n’est même pas question de penser à des succursales à l’étranger. Peu de galeries françaises ont su essaimer dans le monde, et la fermeture par Yvon Lambert de son antenne new-yorkaise confirme la règle. Opera Gallery est un cas à part, sa programmation comporte encore des lacunes, mais son modèle de développement mériterait plus de considération. Et la Biennale des antiquaires ?
Elle aussi est confrontée à des problèmes de gouvernance et doit se réinventer pour affirmer son leadership en France. Sa grande rivale, Tefaf, la foire de Maastricht, est aujourd’hui plus en capacité d’ouvrir un salon en Asie ou aux États-Unis. Tous les regards se tournent donc vers la Fiac.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°348 du 27 mai 2011, avec le titre suivant : Champions nationaux

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