Lundi 10 décembre 2018

2003, l’année de Christie’s

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 23 janvier 2004 - 317 mots

Deux ans seulement auront suffi à Christie’s pour s’emparer de la première place du classement des maisons de ventes aux enchères françaises. L’auctionneer anglo-saxon contrôlé par François Pinault détrône ainsi en 2003 la première étude de France jusqu’alors, Tajan. Ce résultat est hautement symbolique : longtemps interdit d’exercice dans l’Hexagone du fait du monopole des commissaires-priseurs, Christie’s tient là sa revanche. Elle montre surtout la voie à suivre : dans un marché dorénavant mondial, la réussite passe par un réseau puissant couvrant le globe ainsi que par un service au client exemplaire. Ces objectifs étaient aussi ceux de LVMH lors de l’entrée fracassante du groupe de luxe dans le monde des enchères par le rachat du Britannique Phillips. 2003 marque une ultime étape dans le retrait du Français de ce secteur avec la revente de Tajan. La maison de ventes, qui dispose depuis quelques semaines d’un nouvel actionnaire, entend réagir et, pourquoi pas, se lancer à la conquête de l’Amérique. Dans un contexte difficile caractérisé par un dollar faible, Tajan a néanmoins réussi un petit exploit en réalisant en 2003 pratiquement le même chiffre d’affaires qu’en 2002. La plus belle progression est néanmoins à mettre à l’actif de Calmels-Cohen, dont le chiffre d’affaires a bondi de 313 % grâce aux ventes Arp et surtout Breton. Ces vacations mettent en exergue la qualité du réseau des commissaires-priseurs français, qui continuent à organiser à Drouot des ventes exceptionnelles. Les échanges s’intensifient également avec les sociétés de ventes aux enchères de province, à travers notamment le groupe Ivoire.
Enfin, une fois n’est pas coutume, c’est une automobile qui a emporté en 2003 la plus forte enchère en France toutes spécialités confondues, sous le marteau d’Hervé Poulain. Sans doute l’enchérisseur avait-il fait sienne la célèbre déclaration de Marinetti : « L’automobile rugissante, qui a l’air de courir sur de la mitraille, est plus belle que la Victoire de Samothrace » !

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°185 du 23 janvier 2004, avec le titre suivant : 2003, l’année de Christie’s

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