Dimanche 25 octobre 2020

Lecture croisée

Un bouquet d’Othoniel

Par Florence Dauly · L'ŒIL

Le 15 avril 2015 - 384 mots

« En 2007, j’ai dessiné des vitraux parsemés de fleurs sauvages pour une église en Normandie. Ce fut l’occasion de dévoiler l’importance du sacré dans mon travail d’artiste. »

Dans L’Herbier merveilleux, Notes sur le sens caché des fleurs dans la peinture [Actes Sud/Isabella Stewart Gardner Museum, 192 p., 32 €], Jean-Michel Othoniel plonge le lecteur tout de suite au cœur de son travail : le sacré. C’est également par le sacré que Catherine Grenier nous propose d’entrer dans l’œuvre de l’artiste dans l’ouvrage paru à l’occasion de son exposition à l’Hôtel-Dieu du Puy-en-Velay en 2014 [Épiphanies, Actes Sud/Communauté d’agglomération du Puy-en-Velay, 128 p., 25 €]. Dans le chapitre « Jardin d’Éden », la conservatrice explicite le rapport d’Othoniel aux fleurs : « En 2008, l’artiste peint une suite d’aquarelles composant un herbier symbolique. Rappel des correspondances entre jardin terrestre et jardin céleste, L’Herbier merveilleux illustre un florilège de citations empruntées aux cultures savante et populaire sur la signification symbolique et mystique des fleurs. » Dans sa préface, l’artiste revient d’ailleurs sur cette passion des fleurs, quand il en achetait sur le chemin de son école à la « vieille marchande de violettes » : « Souvent, j’achetais les restes de son étal. Cinq francs les deux bouquets, destinés au petit autel de ma chambre de bonne. Entre deux bougies trônait une carte postale de La Vierge dans la prairie de Raphaël, souvenir d’un voyage en Italie qui n’avait pu avoir lieu ; derrière la Vierge, un coquelicot comme une goutte de sang. » On retrouve l’évocation de la Vierge, des saints, du sang, récurrents dans son travail, comme les colliers en perles de verre décrits par Catherine Grenier : « Intitulés Colliers Cicatrices, ils lui avaient été inspirés […] par la vue d’un tableau représentant sainte Cécile portant au cou la fine marque sanglante de sa décapitation. » Elle évoque ensuite le bleu utilisé dans les œuvres de l’artiste, couleur qu’il évoque en parlant du bleuet : « Le bleuet, c’est le bleu pur, très rare dans la nature : il est le bleu divin du paradis et de Marie. » Très bien illustrés par des œuvres de l’artiste et, pour l’herbier, par les fleurs présentes dans la collection de l’Isabella Stewart Gardner Museum, le lecteur a là deux reliques à conserver précieusement.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°679 du 1 mai 2015, avec le titre suivant : Un bouquet d’Othoniel

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