Polychrome

L'ŒIL

Le 29 octobre 2007

Dans la belle collection « Polychrome » des éditions Ides et Calendes, trois nouveaux titres sont à signaler. Tout d’abord celui consacré au peintre Pop suisse Peter Stämpfli par Gilbert Lascault.
La peinture de Stämpfli, qui exclut le lyrisme, le pathétique, l’éloquence, l’angoisse, trouve dans les mots de Lascault une poésie précise qui joue avec « la roue et la route, avec l’épiderme des pneus, avec la logique et la chance ».
Les reproductions des œuvres avivent le douloureux souvenir de l’incendie de l’atelier de Stämpfli
en 1990 qui a détruit une part essentielle de ses anciens travaux.
L’étude sur Henri Michaux qu’entreprend Odile Felgine passe au crible cinquante ans de création et tout l’œuvre peint de celui qui disait se « désencombrer » en la faisant. Michaux admirateur de Klee, d’Ernst, s’affirme comme un très grand dessinateur. Spontanéité, geste, élan, mouvement, vitesse sont à l’œuvre et finement analysés par une spécialiste de Paulhan et de Caillois. Françoise Monnin signe, elle, un très intéressant recueil sur le grand maître de la spontanéité et de la couleur : Asger Jorn. Sans conteste un des plus grands artistes du XXe siècle : metteur en page génial des Mémoires de Guy Debord, musicien excentrique avec Dubuffet, peintre tout court qui nous met de la peinture plein la bouche.

Peter Stämpfli, Gilbert Lascault 112 p. ; Henri Michaux, Odile Felgine 144 . ; Asger Jorn, Françoise Monnin 92 p., Ides et Calendes, coll. « Polychrome », 21,40 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°556 du 1 mars 2004, avec le titre suivant : Polychrome

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