Vendredi 23 février 2018

Notes de lecture

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 23 octobre 2009

Le chemin du ciel
L’échelle de Jacob, qui devient peu à peu le modèle de l’accès spirituel à Dieu, est un thème essentiel de la pensée chrétienne et de l’iconographie médiévale. Elle est aussi une représentation du progrès de l’individu sur terre et recouvre une grande variété de connotations symboliques. L’étude savante de Christian Heck, qui enseigne à l’université de Strasbourg, réunit un important matériau et procède chronologiquement, examinant les modifications et les altérations successives de cette allégorie. L’échelle céleste est une image paradoxale dont l’auteur montre toute la richesse spirituelle et morale.
Christian Heck, L’échelle céleste dans l’art du Moyen Âge, Flammarion, 400 p., 295 F.

Images de piété
Ce volume réunit différents articles qu’Erwin Panofsky publia tout au long de sa carrière sur la peinture religieuse en Europe du Nord et qui étaient pour la plupart inédits en français. C’est beaucoup moins, ici, un Panofsky théoricien qu’un Panofsky historien, voire archéologue comme le souligne dans sa présentation Daniel Arasse. Certaines de ces études sont en effet animées par le souci de réexaminer la logique de certaines œuvres. Ainsi de celle consacrée à l’Annonciation  de Friedsam et au retable de Gand, ou de deux articles qui nous font littéralement assister au travail de recomposition de manuscrits enluminés. Précis, maître d’un sens du détail qui donne à ses démonstrations leur pertinence, Panofsky demeure, dans ces textes, animé d’un remarquable souci de persuasion.
Erwin Panofsky, Peinture et dévotion en Europe du Nord à la fin du Moyen Âge, Flammarion, 256 p., 195 F.

L’art par ceux qui le pratiquent
L’Académie royale de peinture et de sculpture avait, à son origine, des motivations corporatistes. En quelques années, elle s’étoffe de nouveaux membres, reçoit la protection de Colbert et, animée par Charles Le Brun, s’impose dans la vie artistique. Des conférences y sont organisées à partir de 1667, où les académiciens donnent de véritables leçons de peinture en examinant des œuvres prestigieuses du passé. La personnalité des commentateurs entre pour beaucoup dans l’intérêt de ces comptes-rendus. Charles Le Brun, Philippe de Champaigne, Nicolas Mignard, Sébastien Bourdon, Noël Coypel comptent parmi les orateurs les plus prestigieux. Sont aussi abordées, dans ces séances, des problèmes plus généraux où se font jour les préoccupations intellectuelles et esthétiques du Grand Siècle.
Les Conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture, édition établie par Alain Mérot, éditions de l’École nationale supérieure des beaux-arts, 536 p., 200 F.

L’invention du patrimoine
La Révolution de 1789 est le plus souvent perçue comme un séisme destructeur et iconoclaste, une ère fâcheuse de vandalisme et de pillage qui aurait eu pour premier but d’effacer le passé. Pourtant, c’est de cette époque que date une prise de conscience quant à la valeur et l’intérêt du patrimoine dans laquelle se cristallise une vision moderne de l’histoire. Dominique Poulot rouvre ce dossier complexe et tente de faire la part des choses, entre les exagérations des uns et la propagande des autres. Dans ce tissu serré de positions idéologiques, il convient avant tout de rompre la logique "d’évidences figées qui ont construit la ‘vérité’ contradictoire du patrimoine au sein de la tradition nationale".
Dominique Poulot, Musée, nation, patrimoine, 1789-1815, Gallimard, 416 p., 180 F.

Portraits d’auteurs
Les éditions Marval lancent une nouvelle collection, "Portraits d’auteurs", consacrée aux écrivains marquants du XXe siècle. Chaque petit livre, élégant, regroupe, chronologiquement, trente portraits noir et blanc réalisés par des anonymes ou des grands noms de l’image. Ainsi, les deux premiers titres paru, Samuel Beckett et Marguerite Duras, permettent de suivre l’évolution des traits du visage et d’une personnalité au fil des années tout en offrant une lecture de la diversité de l’art du portrait tel que le pratiquent Brassai, Cartier-Bresson, Gisèle Freund, Dominique Isserman, Bettina Rheims, Xavier Lambours… Les photographies sont précédées de quelques pages donnant les repères essentiels de la vie et de la carrière de l’écrivain. Sont annoncés, à un rythme mensuel, Céline, Prévert, Genet, Camus, Boris Vian, William Faulkner, Aragon, Joseph Conrad.
Portraits d’auteurs, éditions Marval, 72 p., 85 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°34 du 1 mars 1997, avec le titre suivant : Notes de lecture

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