Mardi 11 décembre 2018

Mystèrieuses pyramides...

Par Marie Zawisza · L'ŒIL

Le 1 octobre 2018 - 415 mots

Est-ce le début d’un nouvelle passe d’armes ? la présentation de la thèse des architectes gilles dormion et jean-yves verd’hurt, en 2004, avait engendré une lame de fond au sein de la communauté scientifique.
intitulé la chambre de chéops [fayard], l’ouvrage qui la présentait s’appuyait sur une analyse architecturale menée depuis 1986 sur la pyramide de chéops. il concluait à l’existence d’une chambre funéraire secrète située sous la chambre de la reine, où pourrait reposer la momie du pharaon, jamais retrouvée. si cette thèse avait été violemment décriée par certains égyptologues, elle avait reçu le soutien de plusieurs chercheurs éminents, parmi lesquels nicolas grimal, titulaire de la chaire d’égyptologie du collège de france. une polémique attisée par le refus du conseil suprême des antiquités égyptiennes d’accorder un droit d’effectuer des sondages pour vérifier l’existence de cette pièce funéraire. « cependant, notre but n’était pas de déclencher une quelconque controverse, simplement de comprendre la construction de la pyramide », explique gilles dormion.

c’est ainsi qu’afin de mieux comprendre l’architecture de la grande pyramide, gilles dormion et jean-yves verd’hurt ont décidé de ne pas la considérer comme un objet unique, mais d’étendre leur analyse aux autres pyramides égyptiennes. d’autres enquêtes architecturales ont donc suivi sur la pyramide de meïdoum – grâce à leurs analyses, deux chambres de décharge ont pu être découvertes – et sur celle de dahchour sud, intitulée la chambre de snefrou, qui reparaît cette année chez actes sud. c’est dans cette perspective que gilles dormion et jean-yves verd’hurt publient aujourd’hui la chambre de khephren. une fois de plus, il ne s’agit pas d’un ouvrage d’égyptologues. les deux architectes partent de leur observation du bâti, qu’ils analysent, puis vérifient leurs thèses par des technologies géophysiques non invasives : la microgravimétrie et le radar géologique. les deux procédés valident avec un fort degré de probabilité l’existence d’une chambre inconnue au sein de la pyramide de khephren à l’emplacement qu’ils ont pu déterminer.

cependant, il ne s’agissait pas pour les chercheurs de partir à la recherche d’une cavité secrète, mais bien de comprendre la construction des pyramides. dans la première partie de l’ouvrage, ils exposent ainsi des détails indiquant que les pyramides ont été bâties non pas en une seule phase, mais en plusieurs. si leurs explications sont techniques, elles restent assez claires pour être comprises par des lecteurs non spécialistes, et s’accompagnent de dessins qui les rendent accessibles. on attend avec impatience la suite : un ouvrage entièrement consacré à la construction des pyramides, qui en éclaircirait peut-être le mystère.
Gilles Dormion et Jean-Yves Verd’hurt,
La chambre de khephren : analyse architecturale,
Actes Sud, 208 p., 24 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°716 du 1 octobre 2018, avec le titre suivant : Mystèrieuses pyramides...

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