Mies van der Rohe, l’acier et le verre

Ludwig Mies van der Rohe est sans doute le plus classique des architectes modernes. Dans la toute première monographie en français qui lui est consacrée, Jean-Louis Cohen souligne pourtant toutes les contradictions du personnage et de son œuvre.

Dans ses premières constructions berlinoises, où Mies se fait la main, sous l’autorité bienveillante de Peter Berhens, l’œuvre de Schinkel est la principale référence. Le jeune prodige réalise ses premières commandes, dont la maison de Hugo Perls en 1910, avec une maîtrise qui impressionne ses aînés. Douze ans plus tard, sa participation à un projet de gratte-ciel berlinois lui fait provisoirement quitter l’univers domestique, pour concevoir une perspective utopique à l’architecture, qui se concrétisera des années plus tard aux États-Unis. Directeur du Bauhaus en 1928 jusqu’à sa liquidation en 1933, Mies devra gérer, avec un tact qu’on lui a longtemps reproché, la mainmise du régime nazi sur l’école. Il émigrera finalement, à la veille de la guerre, à Chicago, où il dirigera le futur Institute of Technology et contribuera, par ses constructions limpides (le Lake Shore Drive de Chicago ou le Seagram Building à New York) à l’aventureuse architecture américaine. "Mies, conclut Jean-Louis Cohen, a élaboré, dans ses types initiaux et dans leur déclinaison, des catégories d’édifices aussi révélateurs du mode de production capitaliste que les palais florentins l’étaient du féodalisme du Quattrocento."

Jean-Louis Cohen, Mies van der Rohe, éditions Hazan, 144 p., 200 ill., 145 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°4 du 1 juin 1994, avec le titre suivant : Mies van der Rohe, l’acier et le verre

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