Marseille grecque

L'ŒIL

Le 1 mars 2000

L’ouvrage retrace 30 années de recherches archéologiques dans la cité phocéenne, en intégrant les toutes dernières découvertes, telle la mise au jour de deux épaves grecques d’époque archaïque place Jules-Verne.
En 1967, en plein cœur de Marseille, à deux pas du Vieux-Port, des pelleteuses heurtent les vestiges d’un rempart hellénistique. Malraux appelle à l’arrêt immédiat des travaux. La destruction est évitée de justesse. Commencent alors les fouilles de la Bourse, premier grand chantier d’archéologie de sauvetage en milieu urbain, première pierre d’une politique de fouilles exemplaire, toujours soutenue avec autant de vigueur aujourd’hui. Mené de concert par trois chercheurs du CNRS, ce livre s’efforce de mettre à disposition du public des données jusque là réservées à un cercle restreint d’initiés. Épluchant colloques et rapports de fouilles, les auteurs restituent, en une remarquable synthèse, l’histoire de la ville de l’arrivée des premiers colons phocéens dans la calanque en 600 av. J.-C., jusqu’au siège de César, en 49 av. J.-C. Au fil des pages, le lecteur se familiarise avec les grands axes de l’urbanisme antique, revit la première fouille sous-marine française, menée par le tandem Jacques-Yves Cousteau/Fernand Benoit, et se prend à rêver devant les fonds bleus de la périlleuse baie marseillaise, encore jonchés d’épaves et de cargaisons antiques. L’ambition de l’ouvrage ne s’arrête toutefois pas à un louable souci de vulgarisation. Au cœur du propos, l’interrogation liminaire de Christian Goudineau : «  Marseille, cité phocéenne : mythe ou réalité ? »

A. Hermary, A. Hesnard, H. Tréziny, Marseille grecque, La cité phocéenne (600-49 av. J.-C.), éd. Errance, 188 p., 260 F, ISBN 2-8777-2178-7.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°514 du 1 mars 2000, avec le titre suivant : Marseille grecque

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