Vendredi 23 février 2018

Marseille année 40

L'ŒIL

Le 13 février 2008

Issue d’une riche famille américaine, Mary Jayne Gold est dans les années 30 une jeune fille gâtée par la vie, voyageant en Europe, descendant dans les plus grands hôtels, évoluant dans la
jet-set, fréquentant l’aristocratie, pilotant son avion personnel. Aimant passionnément la France, elle refuse de partir lorsque la guerre éclate mais, comme des milliers de réfugiés, fuit devant l’ennemi vers le Sud, pour finir à Marseille, ville où se pressent des futurs immigrés de toutes nationalités. C’est pendant l’année 1940-41 que « son destin bascule », termes qui ne sont pas cette fois une plate formule de rhétorique. A Marseille, elle rencontre un autre Américain, un certain Varian Fry (le futur auteur de La Liste noire), qui travaille pour l’Emergency Rescue Comittee, organisme qui permit à nombre d’intellectuels, d’artistes, de philosophes, d’écrivains juifs et non-juifs de partir pour les Etats-Unis. S’engageant alors dans une aventure humaine à haut risque, Mary Jayne Gold participe dès lors à cet organisme et contribue au sauvetage de personnalités telles que Heinrich et Golo Mann, Hannah Arendt, Marc Chagall, Max Ernst, André Masson, Marcel Duchamp, André Breton, pour ne citer qu’eux. En partie autobiographique, l’ouvrage de Gold est avant tout le récit d’une étonnante expérience humaine, courageuse, chaleureuse, excellemment racontée, au cours de laquelle une femme que rien ne préparait à une telle épreuve sut quoi faire pour sauver des personnes vouées à une mort certaine, pendant que d’autres collaboraient déjà avec les nazis. Un récit de résistance qui force l’admiration.

- Mary Jayne Gold, Marseille année 40, éd. Phébus, 476 p., 149 F.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°527 du 1 juin 2001, avec le titre suivant : Marseille année 40

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