Herculanum renaît de ses cendres

Maria Paola Guidobaldi, Domenico Esposito - « Herculanum »

Par Pierre Morio · L'ŒIL

Le 27 mai 2013 - 288 mots

ARCHÉOLOGIE. En 79 de notre ère, la région de Naples connaît une terrible éruption du Vésuve qui ensevelit les villes d’Herculanum et de Pompéi.

Cendres et coulées de boue les figent en un instant, ce qui fera, plus tard, le « bonheur » des archéologues. Redécouvertes par hasard au XVIIIe siècle, ces deux cités antiques sont devenues des sites incontournables du tourisme culturel transalpin. Si Pompéi offre un panorama complet des infrastructures économiques, commerciales et culturelles d’une ville romaine à l’époque de l’Empire, Herculanum surprend par l’état de conservation de son habitat privé.

L’Imprimerie nationale publie ici une étude approfondie de ces décors menée par deux spécialistes italiens et servie par des images d’une rare qualité. Après une première partie de l’ouvrage consacrée à une remise en contexte d’Herculanum, chaque zone, chaque villa est passée au crible. La typologie de l’habitat d’Herculanum présente une riche variété, allant de l’immeuble de rapport, sur deux étages, à la villa patricienne à plan complexe et au programme décoratif élaboré.

L’auteure, qui est aussi la directrice des fouilles du site d’Herculanum – elle supervise à ce titre les travaux de conservation –, n’oublie pas de revenir, au fil des pages, sur l’état de dégradation avancé de ces deux cités. L’occasion est ainsi donnée de présenter l’état des fouilles actuelles et les dernières trouvailles, notamment sur la villa des Papyrii, découverte en 1750 lors du creusement d’un puits et dont l’excavation a repris depuis 1996. Et de mettre au jour les failles d’une politique erratique de conservation. Patrimoine mondial de l’humanité depuis 1997, Herculanum, Pompéi, et dans une moindre mesure les villas d’Oplontis, doivent faire face à un afflux de touristes qui, lié à un manque d’entretien chronique, rend leur préservation plus qu’urgente.

Maria Paola Guidobaldi, Domenico Esposito, « Herculanum », Imprimerie nationale, 352 p., 120 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°658 du 1 juin 2013, avec le titre suivant : Maria Paola Guidobaldi, Domenico Esposito - « Herculanum »

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