Samedi 15 décembre 2018

L’univers animal de Jouve

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 9 septembre 2005 - 307 mots

Les Éditions de l’Amateur publient la première monographie consacrée à l’artiste.

Remarqué à l’Exposition universelle de Paris en 1900 pour son coq symbolisant la France triomphante et ses deux lions monumentaux à l’entrée de l’avenue des palais des beaux-arts, Paul Jouve (1878-1973) fit des bêtes sauvages son sujet de prédilection. À la fois peintre, sculpteur, graveur et illustrateur, souvent comparé à Antoine Louis Barye ou Delacroix, il fut l’une des figures emblématiques de cet art singulier qu’est la peinture animalière dans les années 1910-1930. Spécialiste de l’Art déco et de l’Art nouveau, Félix Marcilhac signe la première monographie sur l’artiste. Le texte est découpé de manière chronologique, des années d’apprentissage à l’abandon du genre décoratif en passant par l’épanouissement et l’affirmation du style Jouve. Un style marqué par ses séjours en Algérie, à la villa Abd-el-Tif, dès 1907. Jouve y réalise quantité d’aquarelles et projets de décorations, inspirés des animaux du zoo d’Alger, de la nature et du désert environnants. « La vérité, je l’ai trouvée dans le Sud », affirmait l’artiste. Marquant l’apogée de sa carrière, des œuvres comme la célèbre Panthère noire combattant un python (1930), Deux Tigres marchant en avant (1930), Deux Lions scrutant l’horizon (1930) ou encore la tapisserie d’Aubusson exécutée par Frédéric Danton d’après un carton de Jouve sont subtilement reproduites. De grande qualité, l’iconographie donne à voir les œuvres issues de collections publiques – notamment celle du Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), où l’artiste est particulièrement bien représenté –, mais aussi de nombreux fonds privés. Le lecteur trouvera également en annexe les répertoires chronologiques de ses sculptures, gravures et ouvrages illustrés, le catalogue de ses principales expositions et une biographie particulièrement riche. De quoi cerner l’œuvre d’un artiste trop souvent boudé par l’histoire de l’art.

Félix Marcilhac, Paul Jouve, Les Éditions de l’Amateur, 2005, 400 p., 98 euros, ISBN 2-85917-409-5

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°220 du 9 septembre 2005, avec le titre suivant : L’univers animal de Jouve

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