Dimanche 21 octobre 2018

Livres en bref : Christian de Portzamparc, Georges Roque, Andrea Palladio...

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 16 mai 1997 - 509 mots

Christian de Portzamparc, derrière les mots et les images
Christian de Portzamparc a toujours revendiqué dans l’élaboration de son œuvre une inspiration non conceptuelle. Cinq chapitres recoupant quelques thématiques formelles récurrentes dans son travail (la fragmentation, l’informe...) sont illustrés par de nombreuses peintures et assortis de commentaires qui tentent d’éclaircir les arcanes de cette alchimie artistique mystérieuse.
Christian de Portzamparc, Généalogie des formes. Propos recueillis par Danièle Rivière, éditions Dis-Voir, 126 ill., 127 p., 398 F.

Questions sur la couleur
La question de la couleur est, dans les domaines de l’art et de la science, l’une des plus complexes qui soit. Manquait en langue française un ouvrage qui satisfasse à la fois les exigences de l’un et de l’autre. En examinant avec discernement les théories exposées par Chevreul au XIXe siècle, et en les resituant dans un contexte plus large, Georges Roque n’a pas produit un de ces travaux de bénédictin qui se rangent une fois pour toutes sur les rayonnages. Il redonne au contraire, avec un allant rarement déployé dans ce genre d’étude, toute sa dimension philosophique à la couleur. Des questions de méthode à la description des malentendus entre artistes et scientifiques, Georges Roque renouvelle l’approche de l’abstraction très loin des partis pris idéologiques qui rendent souvent impertinentes les analyses sur le sujet.
Georges Roque, Art et science de la couleur. Chevreul et les peintres, de Delacroix à l’Abstraction, éditions Jacqueline Chambon, 476 p., 240 F.

Le manifeste de Palladio
L’ouvrage de Palladio est l’un de ces textes canoniques qui, avec ceux de Vitruve ou d’Alberti, constituent des moments clefs de l’histoire de l’architecture. Paru à Venise en 1570, traduit en français par Roland Fréart de Chambray moins d’un siècle plus tard, ce traité eut en Italie une influence considérable. À la fois théorique, technique et pratique, c’est aussi un manifeste d’un art rigoureux et dépouillé. Cette nouvelle édition, abondamment illustrée et augmentée par rapport à celle de 1980, reprend, en la modernisant, la traduction de Fréart.
Andrea Palladio, Les Quatre livres de l’architecture, éditions Flammarion, 456 p., 180 F.

Le coup de force de Malevitch
La peinture d’icône s’emploie à restituer la ressemblance de l’invisible, selon un précepte énoncé entre autres par Jean Damascène, qui révoque l’art subordonné à une représentation mimétique. “L’icône, écrit Bruno Duborgel, relève d’une esthétique de la transfiguration. Ni abstraction ornementale iconoclaste insignifiante, ni reflet naturaliste de la nature réduite à elle-même, elle se veut reflet de la relation, de l’entrecroisement, de l’interférence du sensible et du divin.” L’auteur étudie les analogies existant entre ce programme et le parcours de Malevitch avec assez de doigté pour éviter les réductions hâtives. S’appuyant sur des travaux récents, il confère à ses analyses de la “scène artistique” du fondateur du Suprématisme toute leur pertinence. Le petit volume que Linda S. Boersma consacre à la dernière exposition futuriste donne par ailleurs tous les détails sur le coup de force perpétré par Malevitch en 1915.
Bruno Duborgel, Malevitch, la question de l’icône. Publications de l’université de Saint-Étienne, 190 p., 150 F.
Linda S. Boersma, O,1O. La dernière exposition futuriste, éditions Hazan, 96 p., 150 F. 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°38 du 16 mai 1997, avec le titre suivant : Livres en bref : Christian de Portzamparc, Georges Roque, Andrea Palladio...

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