Lundi 17 décembre 2018

Les Brèves: Pierre Berès, La galerie P..

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 décembre 1995 - 795 mots

Pierre Berès, le célèbre libraire de l’avenue de Friedland à Paris, organise jusqu’au 20 janvier une exposition de livres modernes et contemporains précieux, intitulée Écritures, images et reliures. Elle comprendra des volumes des six dernières décennies, dus à de très nombreux auteurs, d’Alfred Jarry à Marguerite Duras, en passant par tous les groupements et tendances de l’époque moderne – Futurisme, Surréalisme, Dadaïsme, Support-surface, entre autres.

La galerie P., qui vient d’ouvrir rue Jacques-Callot à Paris, se spécialise dans les céramiques fabriquées par Picasso entre 1947 et 1969. Elle est dirigée par Jean-François Parry, ancien gérant d’une galerie de verrerie au Louvre des Antiquaires, qui collectionne des céramiques de Picasso depuis vingt ans.

Le nouvel espace propose un large choix de pièces uniques et de tirages limités, exécutées, par Madoura à Vallauris, près de Nice, atelier avec lequel Picasso a beaucoup travaillé avant de conclure un accord pour l’édition de son œuvre, allant de 25 à 500 exemplaires de chaque modèle. Les prix varient de 7 000 francs pour des médaillons à entre 50 000-80 000 francs pour des assiettes, pichets et vases, et jusqu’à 450 000 francs pour certaines assiettes tirées à vingt-cinq exemplaires seulement.

Le 11e Salon d’Antiquités de Cannes aura lieu au Palais des Festivals du 23 décembre au 2 janvier. Y participeront près de quatre-vingts antiquaires dans des domaines aussi variés que le mobilier de la haute époque à 1930, les tableaux anciens et modernes, l’argenterie ancienne et l’orfèvrerie, les tapis anciens et les tapisseries, l’art d’Extrême-Orient, l’Art déco et les objets de vitrine. Ouvert de 11h à 20h, Renseignements tel: 93 38 12 64.

La galerie De Jonckheere, faubourg Saint Honoré, organise jusqu’au 23 décembre l’exposition Le cabinet d’amateurs, qui comprend une soixantaine de scènes religieuses, portraits, scènes de genre, paysages et natures mortes, d’une cinquantaine d’artistes flamands et hollandais des XVIe et XVIIe siècles.

Michel Lhomme, libraire liégeois, fera vendre, le 2 décembre à Liège, par Me Nivarlet, près de 500 dessins, gouaches, manuscrits, livres et documents provenant de la bibliothèque de René Magritte. La plupart des livres, dont l’artiste s’était séparé de son vivant, sont dédicacés par leurs auteurs. 70 lettres – certaines enrichies de dessins – échangées par Magritte et Jacques Wergifosse, journaliste liégeois, seront également dispersées. Estimation globale, 10 millions de francs belges (1 674 000 francs français environ).

Me Laurence Calmels organise le 24 janvier, à Paris, une vente de 390 lettres adressées par René Magritte à l’instituteur, bibliothécaire et poète belge André Bosmans. Ce dernier a écrit pour la première fois à l’artiste en 1958, alors qu’il effectuait son service militaire. La correspondance très fournie qui a suivi jusqu’en 1967, est illustrée de nombreux dessins et comprend plusieurs textes théoriques sur la peinture.

Le "papiers collés" de Picasso, Verre, bouteille de vin, paquet de tabac, journal, Paris, mars 1914, proposé à la vente à Drouot Montaigne par Me Francis Briest le 21 novembre, ne s’est pas vendu. Les enchères pour cette œuvre, en papiers collés, gouache et fusain sur papier, à laquelle le ministère de la Culture, Philippe Douste-Blazy, avait refusé le certificat de sortie, ne se sont montées qu’à 8,6 millions de francs, bien en dessous de l’estimation de 10 millions de francs.
 
Justifiant son refus de certificat en août, le ministre avait décrit l’œuvre comme "l’un des plus importants papiers collés de Picasso, en raison ... de sa taille importante ... et de la richesse de sa composition ... un jalon essentiel de l’histoire de l’art français qu’il convient de maintenir sur le territoire national." Acheté à Drouot en 1923 par le collectionneur Jean Dalsace, ce papiers collés témoigne de la période 1912-1914, pendant laquelle Picasso et Braque travaillaient pour la première fois sur l’incorporation d’éléments réels dans leurs compositions.

L’affaire du Jardin à Auvers viendra en cassation le 23 janvier. Jacques Walter, ancien propriétaire de ce tableau de Van Gogh, a intenté une action en indemnisation contre la décision de classement prise par le ministère de la Culture en 1989. La toile, interdite de sortie du territoire français, a été adjugée 55 millions de francs à Drouot, le 6 décembre 1992. En première instance, le 22 mars 1994, l’État a été condamné à verser 422 millions de francs. Le 4 juillet 1994, la cour d’appel de Paris a ramené cette somme à 145 millions de francs. Depuis, l’État a formé un pourvoi en cassation.

Le Jardin à Auvers sera accroché à partir du 19 décembre au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, dans le cadre de l’exposition "Passions privées" (lire notre dossier dans ce numéro, Le Magazine des Arts). Par ailleurs, Jacques Walter, représenté par son fils Jean-Jacques, a été débouté dans son action contre la Réunion des musées nationaux à propos de la donation Walter-Guillaume, présentée à l’Orangerie.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°20 du 1 décembre 1995, avec le titre suivant : Les Brèves: Pierre Berès, La galerie P..

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