Les Brèves : L’Art en écrit...

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 21 avril 2010

L’Art en écrit
Adami, Domela, Topor, Viallat, Saura, Erro, Martial Raysse, Rutault, Morellet, Takis, Fassianos ou encore Arroyo ont troqué leurs pinceaux pour la plume, le temps des quarante-huit pages des petits ouvrages de la collection "l’Art en écrit" des éditions Jannink.
Ces livres, dont le tirage ne dépasse jamais les trois cent exemplaires numérotés, se composent d’un texte inédit et d’une lithographie ou sérigraphie originale signée par l’artiste.
La formule est le plus souvent la même : couverture monochrome, mise en page similaire, "caractère sobre, généralement l’Helvetica, pour que l’œuvre ressorte" précise l’éditeur Baudouin Jannink. Si la forme est proche, chaque texte se distingue.
En dix-sept livres, ce sont dix-sept approches différentes de l’art, dix-sept univers qui se déclinent, et autant de choix d’écritures. O. Olivier entoure ses réflexions de notes d’humour, d’apparitions surréalistes, Topor choisit le conte, Zeimert la fable, Monory une conversation téléphonique, Basserode et Domela hésitent entre pensées et essais.
"L’Art en écrit", 480 F, éditions Jannink, 6 place du Palais Bourbon, 75007 Paris,
tél. 45 50 23 30

Viollet-le-Duc écartelé
Le nom de Viollet-le-Duc reste associé à tous les grands débats, voire les polémiques, concernant la restauration d’un édifice médiéval. De Pierrefonds à Saint-Sernin de Toulouse, ses thèses ont été vilipendées, et sans doute caricaturées.
Le mérite du livre de Jean-Michel Leniaud est de faire la lumière sur "une figure grande et troublante". Plutôt que d’avoir cherché à réhabiliter une victime à travers un texte polémique, il apporte un essai biographique nourri  des travaux menés depuis vingt ans et soutenu par une analyse subtile et rigoureuse. Il ne fragmente pas une personnalité qui était architecte, savant archéologue, écrivain, dessinateur, aquarelliste, mais l’envisage dans toute sa complexité.
Ainsi, il montre comment Viollet-le-Duc, issu de la génération romantique, s’est étrangement converti au positivisme, a voulu trouver des causes rationnelles à l’évolution de l’architecture. "En fait, Viollet-le-Duc a constamment réprimé ses instincts,  constate Jean-Michel Leniaud, sa tendance première n’est pas de l’ordre de la raison mais du sentiment". Comme Victor Hugo, Viollet-le-Duc est ainsi "l’époux fidèle des contraires de son siècle".
Celui qui veut rendre compte du progrès en architecture en vient fatalement à écarter la sensibilité individuelle, la liberté de l’artiste, voire sa dimension spirituelle, curieux oubli pour un spécialiste de l’architecture religieuse ! Il développe "une analyse quasi déterministe du gothique, dont il fit le parangon du système constructif".
Toute forme ne peut exister que si elle est utile : telle fut, longtemps après lui, la thèse officielle des médiévistes français. Jean-Michel Leniaud, qui enseigne l’histoire du patrimoine et de l’architecture contemporaine à l’École pratique des hautes études, ne manque pas, bien sûr, d’étudier tous les grands chantiers conduits par Viollet-le-Duc, rappelle le contexte dans lequel ils ont été menés, montre l’importance et l’originalité du Dictionnaire historique. Mais il mesure également l’influence de l’architecte en France, en Europe, aux États-Unis. L’ouvrage offre une vision globale, la plus complète depuis le catalogue de l’exposition au Grand Palais en 1980, et depuis la biographie de Paul Gout, publiée en… 1914.
Jean-Michel Leniaud, Viollet-le-Duc, ou les délires du système, éditions Mengès, 225 p., 250 F.

Mise au point
Une omission dans la traduction de l’article de David D’Arcy, consacré à l’ouvrage de Lynn Nicholas, Le Viol de l’Europe, (JdA n° 7, octobre, page 38), a rendu une phrase ambiguë. Il fallait lire au début du deuxième paragraphe : "Derrière l’ordre affiché régnait cependant une corruption généralisée, dans le domaine de l’art plus qu’ailleurs. Cette situation a permis à certains marchands et collectionneurs, parfois même à des amateurs juifs pourtant systématiquement dépouillés de tous leurs biens, de sauver une partie leurs collections."

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°8 du 1 novembre 1994, avec le titre suivant : Les Brèves : L’Art en écrit...

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