Le symbolisme des fleurs

L'ŒIL

Le 25 août 2008

Au XVIIe siècle, les représentations florales se répandent dans la peinture italienne et française. Mais c'est au sein des écoles du Nord que cette passion atteint une exubérance rarement égalée auparavant. L'ampleur décorative de ce thème, lié il est vrai à une certaine précision anatomique, est avant tout au service d'un symbolisme religieux et, parfois, profane. Alors que nous contemplons ces œuvres avec un regard moderne, essentiellement attaché à la beauté des couleurs et à leurs arrangements, deux ouvrages intelligents viennent nous rappeler combien ces toiles sont avant tout des rébus à l'iconographie complexe. Le sens caché des fleurs est un véritable guide sémiologique de cette mode florale. Que ce soit le motif de la guirlande sacrée, le symbolisme lié aux vanités et aux cinq sens ou l'emploi de la mythologie, ce livre présente, à travers une abondante illustration, les multiples déclinaisons de ces thèmes que l'on peut trouver au XVIIe siècle en Europe – de Poussin à Jan Bruegel de Velours en passant par Willem van Aelst. Ces textes passionnants sont complétés de deux guides précieux. Le premier est un répertoire des attributs attachés à chaque plante. Le second est un fascicule détachable qui indique, toile après toile, le détail des fleurs qui y sont représentées. On se plaît alors à étudier la composition florale des bouquets, à comparer nos modernes fleurs avec leurs lointains ancêtres avant d'imaginer de complexes bouquets aux significations élaborées.
Les peintres flamands de fleurs au XVIIe siècle est, quant à lui, un ouvrage plus historique. Proche par bien des côtés d'un catalogue raisonné, ce livre riche d'informations entraîne le lecteur dans une longue étude sur le succès de cette mode incarnée dans des styles variés. Près de cent-cinquante peintres sont ainsi évoqués au moyen d'une biographie. Cependant, l'érudition dont fait preuve l'auteur se transforme rapidement en un discours savant assez emphatique et emprunté. On ne peut que regretter qu'un tel sujet soit une fois encore traité avec cette sorte de solennité dont les historiens de l'art ont parfois du mal à se défaire.

- Alain Tapié, Le sens caché des fleurs, Symbolisme et botanique dans la peinture du XVIIe siècle, éd. Adam Biro, 157 p., 54 ill. coul., 290 F. - Marie-Louise Hairs, Les peintres flamands de fleurs au XVIIe siècle, éd. La renaissance du livre, 400 p., 350 ill. coul., 295 F.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°499 du 1 septembre 1998, avec le titre suivant : Le symbolisme des fleurs

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