L’art médiéval en Europe sort de l'ombre

L'ŒIL

Le 1 décembre 2006

« Une date charnière sur laquelle on voit en quelque sorte se plier le temps ». Henri Focillon fut le premier à qualifier la période allant de 950 à 1050 de « l’An Mil », du nom de son ouvrage éponyme. Longtemps cantonné dans une prétendue austérité médiévale, le siècle de l’an mil fut pourtant marqué par une grande émulation politique et culturelle, notamment animée par le vaste projet du Saint Empire romain germanique. Par-delà les divergences entre empires voisins, l’art apparaît unifié, les particularismes locaux s’estompent au profit d’un style artistique à l’échelle européenne, dû en partie à l’héritage carolingien qui a déferlé sur l’Occident.
Aux antipodes de l’idée répandue d’un siècle obscur, hanté par l’Apocalypse annoncée de la fin du millénaire, l’étude menée par l’auteur met en lumière l’effervescence artistique qui posa les jalons de la production des siècles suivants.
En s’intéressant également aux commanditaires des œuvres, qu’elles soient enluminures ou lieux de culte, la médiéviste nous entraîne au cœur d’une Europe enfiévrée de création et nourrie par l’envie de laisser dans la pierre l’empreinte d’une époque foisonnante.

Liana Castelfranchi-Vegas (sous la dir. de), L’Art de l’An Mil en Europe, 950-1050, Thalia Édition, 2006, 237 p., 90 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°586 du 1 décembre 2006, avec le titre suivant : L’art médiéval en Europe sort de l'ombre

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