Vendredi 23 février 2018

L’architecture moderne en France

L'ŒIL

Le 14 mars 2008

Le deuxième volume de L’Architecture moderne en France accumule faits, chiffres et dates de la période de la reconstruction mais oublie l’analyse critique. Le troisième tome s’intéressant à la période 1967-1999, qui s’intitule De la croissance à la compétition, est la première approche historique de cette période récente.

Le deuxième tome, sous-titré « Du chaos à la croissance », concerne l’après-guerre, entre 1940 et 1966. Malheureusement les lecteurs curieux de savoir pourquoi toutes ces villes horriblement détruites n’ont pas profité de cette « tabula rasa », rêve inconscient de tout architecte, pour faire vraiment du neuf et non du faux-vieux comme il fut fait, ces lecteurs seront déçus. Ce livre, par ailleurs fort documenté, est un ouvrage qui énumère les faits, tous les faits avec une abondance de chiffres, dates et nomenclatures d’organismes. Le vrai point faible est qu’il n’est qu’un manuel alors que l’on a désormais besoin, sur cette époque complexe, d’un vrai ouvrage critique. La succession, très précise et par là même très utile, des énumérations et listes minutieuses sur les reconstructions de chaque ville, sur les cités-dortoirs comme Sarcelles, l’évocation des polémiques soulevées (alors que l’on attend une tentative réelle d’explication), les descriptions du Front de Seine ou de la Défense, noyées sous les chiffres, rendent le livre particulièrement scolaire. À aucun moment on ne sent l’esprit du temps, ni la chair de l’architecture. C’est bien d’elle dont on parle, et savamment, mais on ne la voit pas. Certes Joseph Abrams n’oublie personne. Il évoque l’omniprésence de Perret, défend
Le Corbusier et ses difficultés mais sans jamais expliquer à fond les différentes raisons, laisse percer son admiration pour Paul Nelson ou pour Jean Prouvé, mais là aussi, sans analyser ses vicissitudes. Il traite certes des débats alors féroces autour des grands ensembles, des plans masses, des HLM, des ZUP et des ZAC, mais maladroitement. Dommage.

Joseph Abrams, Gérard Monier, L’architecture moderne en France. 1940-1966, du chaos à la croissance, Tome 2, éd. Picard, 320 p., 245 F, ISBN 2-7084-0556-X.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°517 du 1 juin 2000, avec le titre suivant : L’architecture moderne en France

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