La Résurrection de Pompéi

L'ŒIL

Le 8 février 2008

Deux livres d’images accompagnées de textes courts nous font découvrir Pompéi telle qu’elle apparut au fil des fouilles du XVIIIe et du XIXe siècle, mais aussi telle qu’elle fut interprétée selon le goût de l’époque. La Résurrection de Pompéi révèle un ensemble de dessins, gouaches et aquarelles relatifs aux fouilles menées depuis la découverte en 1748 jusqu’à la fin du siècle suivant et conservés au Département des Estampes de la Bibliothèque Nationale de France. Ces chantiers se font d’abord de façon chaotique et dévastatrice, on arrache les trésors pour les déposer au Musée royal de Portici. L’Académie royale d’Herculanum se réserve le privilège de publier les documents et contrôle l’accès au site. Rares sont ceux qui obtiennent l’autorisation d’y travailler. François Piranèse, fils du grand Jean-Baptiste, est l’un de ces élus. La B. N. conserve ses gouaches réalisées d’après les fameuses Danseuses provenant du décor de la maison de Cicéron. Avec l’occupation française, à partir de 1798, et en partie grâce à la passion archéologique de la reine Caroline Murat, les fouilles s’accélèrent. Désormais, on s’intéresse aussi à l’architecture et à l’urbanisme de la cité antique. L’archéologue Charles-François Mazois, pensionné par la reine, réunit pendant trois ans les matériaux qu’il publie dans un monumental ouvrage, Les ruines de Pompéi, où est révélée pour la première fois l’architecture domestique de l’Antiquité. Les dessins rigoureux de l’architecte Henri Labrouste, pensionnaire à la Villa Médicis de 1825 à 1830, et les aquarelles du graveur Adolph Gusman réalisées à la fin du siècle, alors que les méthodes archéologiques devenaient plus scientifiques, complètent cet ensemble. Ces documents sont précieux. Ils représentent les lieux, les fresques, dans l’état de relative fraîcheur où ils furent découverts. Peintures d’Herculanum présente un album édité à la fin du XVIIIe siècle par Ludovico Mirri, conservé au Musée du Louvre. Il s’agit de 48 planches gouachées reproduisant des fresques issues de différentes villas d’Herculanum ou de Pompéi. Loin d’être des copies, ces merveilleuses gouaches aux tons acides et « porcelainés » sont de véritables créations néoclassiques à partir des modèles pompéiens. La sophistication habituelle des éditions F.M.R. sied parfaitement à leur préciosité.

- La Résurrection de Pompéi, éd. Anthèse, 87 p., 340 F, ISBN 2-912257-17-4.
Peintures d’Herculanum, éd. Franco Maria Ricci, 105 p., 300 F sous jaquette, ISBN 88-216-2646-6.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°528 du 1 juillet 2001, avec le titre suivant : La Résurrection de Pompéi

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