Mercredi 24 octobre 2018

La Croisette s’amuse

Le IVe Milia au palais des Festivals de Cannes

Le Journal des Arts

Le 1 février 1997 - 543 mots

Auteurs, producteurs, développeurs et diffuseurs de produits multimédias se rencontreront au quatrième Marché international de l’édition et des nouveaux médias (Milia), organisé du 9 au 12 février à Cannes. Débats et conférences sur l’avenir du secteur se succéderont, alors qu’une bonne part des dix mille professionnels attendus au palais des Festivals devraient focaliser leur attention sur le Club des jeunes créateurs, en attendant la cérémonie des Milia d’or.

PARIS - En dépit d’un développement du marché du multimédia moins spectaculaire que prévu – ou du moins espéré –, le nombre des exposants au Milia 1997 est en hausse : "Entre 1 200 et 1 300 exposants représentant plus de quarante pays devraient être rassemblés au palais des Festivals, soit une centaine de participants de plus qu’en 1996", déclare Laurine Garaude, directeur de programme du salon. Cette modeste progression contraste avec le bond enregistré entre 1995 et 1996, qui avait vu la participation croître de 67 %, passant de 686 à 1 147 exposants… Émaillée de plusieurs regroupements et de quelques faillites, "l’année écoulée a été très difficile", estime Laurine Garaude, pour qui "la tendance actuelle est à une plus grande imbrication entre contenants et contenus, entre graphisme et technologie". Les sites transactionnels et la gestion des systèmes de paiement sécurisés, ainsi que les problèmes liés aux droits d’auteur, seront bien sûr au centre des débats programmés dans les différents auditoriums, tandis qu’une table ronde consacrée aux sites ouverts par les musées sur l’Internet sera co-organisée par Lee Woodman (Smith­sonian Institution) et Xavier Perrot (Ichim’97).

La troisième édition du Club des jeunes créateurs présentera vingt-sept projets d’étudiants – vingt cédéroms et sept sites on-line – sélectionnés parmi cent quarante projets en provenance du monde entier, soit une participation en augmentation de 33 % par rapport à 1996. Cette vitrine des "forces vives" du multimédia – "dont la maîtrise des moyens techniques s’est sensiblement améliorée", a tenu à souligner Pierre Cohen-Tanugi, président du jury de sélection – est attentivement scrutée par les producteurs, plus que jamais en quête de nouveaux talents.

Distinction recherchée
Deux des "jeunes créateurs" de la promotion 1996 ont d’ailleurs vu leurs projets se concrétiser. Opération Teddy Bear (Index plus/Flammarion, 300 F), la bande dessinée interactive créée par Édouard Lussan – diplômé du mastère hypermédias de l’École nationale supérieure des beaux-arts – s’est déjà vendue à 5 000 exemplaires, tandis qu’une adaptation contemporaine du mythe de Faust conçue par Franck Dufour – qui a suivi une formation de concepteur multimédia à l’université Paris XIII-Villetaneuse – sort aujourd’hui chez Microfolie’s (Sale temps, 200 F). Même si ces deux auteurs avaient été repérés par leurs futurs partenaires avant le Milia, leur participation au Club des jeunes créateurs leur a permis d’apporter des améliorations à leur projet et de nouer des relations avec d’autres professionnels… et avec les médias. Distinc­tion recherchée, au même titre que le prix Möbius, les Milia d’or couronneront les meilleures réalisations off-line et on-line éditées en 1996. Les cinq cédéroms en compétition dans la catégorie Art et Culture sont : I Greci in Occidente, The National Museum of American Art, Eve, Around Barcelone et Léonard de Vinci (lire ci-contre). Versailles, complot à la cour du Roi-Soleil (Réunion des musées nationaux/ Cryo Interactive/Canal Multi­média), concourt pour sa part dans la catégorie Jeux.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°33 du 1 février 1997, avec le titre suivant : La Croisette s’amuse

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