Giovanni Bellini

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 février 2001 - 214 mots

Un livre noyé dans les dates. Si le lecteur s’en sort, c’est qu’il devait chercher un catalogue raisonné, avec ses renseignements pointus et sa valse de datations et d’attributions qui font tant plaisir aux historiens
de l’art. Rares sont les notices qui échappent à ces chiffres hypnotiques, mais celles-là sont remarquables. Dommage qu’elles soient si fugaces. Bien sûr, la qualité des reproductions et le nombre des détails sont un véritable plaisir pour l’œil et permettent de comprendre le succès tardif de Giovanni Bellini qui ne régnera sur la peinture vénitienne qu’à l’âge de 75 ans. Ce livre souligne combien la peinture de Bellini, si elle échappe à la narration et à toute dimension déclamatoire, a eu un impact capital sur l’art pictural vénitien. On peut trouver l’œuvre répétitive avec une cinquantaine de Vierges à l’Enfant et plus d’une dizaine de Pietà, mais ce recensement ne doit pas faire oublier la grande délicatesse de ces tableaux et l’émotion retenue qu’ils suscitent. S’il demeure intéressant de s’attarder sur cet ouvrage pour le plaisir de redécouvrir les chefs-d’œuvre si brillamment (mais trop rarement) analysés de cet immense peintre, on attend plus des autres opus de cette collection que ce nouvel exemplaire peu convaincant.

Anchise Tempestini, Giovanni Bellini, éd. Gallimard, 196 p., 361 ill., 280 F, ISBN 2-07-011662-X.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°523 du 1 février 2001, avec le titre suivant : Giovanni Bellini

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