Francis Bacon à la lumière de la photographie

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 1 novembre 2006

« À dater de ce jour, la peinture est morte ! » Lâché en 1839 en réaction à l’invention de Daguerre, l’hallali du peintre Paul Delaroche n’a aujourd’hui plus la même résonance. Non seulement la photographie n’a pas assassiné la peinture, mais elle a offert au peintre un nouvel outil pour étudier le monde. L’analyse par Martin Harisson des liens qui unirent Bacon à la photographie en apporte un nouveau et brillant témoignage.
Sans avoir véritablement jamais appuyé sur le déclencheur, Francis Bacon (1909-1992) a été marié à la photographie. Très tôt, il a découpé dans la presse et les livres de cinéma, parfois même commandé des clichés qui lui ont servi de modèles pour ses toiles. « Document de travail », la photo s’est chez lui substituée à l’étude préparatoire et à la séance de pose. Ici les recherches de Muybridge, là des photogrammes extraits du Cuirassé Potemkine, ailleurs le portrait de son amant par Deakin… l’œuvre du peintre anglais est décidément pétrie de citations.
Consommateur torturé d’images, Bacon a usé jusqu’à la trame les photos accumulées dans son atelier-pandémonium. C’est du moins ce qu’il ressort de la lecture de La Chambre noire, éclairée pour l’occasion.

Martin Harrison, Francis Bacon.”ˆ La Chambre noire, Actes Sud, 256 p., 58 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°585 du 1 novembre 2006, avec le titre suivant : Francis Bacon à la lumière de la photographie

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