Samedi 21 septembre 2019

Cinéma

Filmer l’acte de création

Par Margot Boutges · Le Journal des Arts

Le 24 janvier 2011 - 381 mots

« Comment puis-je réaliser une œuvre qui puisse être à côté des chefs-d’œuvre qui ont traversé les âges et qui sont absolument uniques ? Ce qui m’a rassuré, c’est lorsque je me suis retrouvé sous la pyramide conçue par M. Pei et que je me suis dit : […] il suffit de faire ce que j’ai envie de faire […], alors je pourrais être accepté et toléré par ces géants qui ont traversé le temps. » Ainsi s’exprime le cinéaste taïwanais Tsai Ming-Liang qui a réalisé le film Visage en 2009, dans le cadre du programme « Le Louvre s’offre aux cinéastes ». Il sera l’invité des « Journées internationales du film sur l’art » qui se dérouleront du 26 janvier au 5 février à l’auditorium du Louvre. L’institution parisienne renoue avec son passé de musée des artistes vivants à travers le cinéma, qui se met au service des autres disciplines artistiques. Mais comment filmer l’acte de création ? Telle sera le sujet de la table ronde du 27 janvier qui rassemblera le producteur et réalisateur André S. Labarthe, et le cinéaste et plasticien Jean-Michel Meurice.

Pour y répondre, place aux images ! L’auditorium égrènera moyens et longs-métrages où les artistes tiennent le premier rôle, faisant la part belle au documentaire, parfois fruit d’années d’immersion dans un univers créatif. Durant trois années, la saisie sur le motif de 54 arbres monumentaux par le peintre David Hockney, qui a quitté sa terre d’accueil californienne pour regagner son Yorkshire natal, est filmée par Bruno Wollheim (David Hockney : A Bigger Picture, 2009). La réalisatrice Claudia Müller a suivi pendant une décennie le parcours de l’artiste Jenny Holzer (About Jenny Holzer, 2009), figure clé du conceptualisme américain. Les artistes se réinventent aussi à travers la fiction. Dans El sol del membrillo (1992), le peintre réaliste espagnol Antonio López García s’évertue à trouver de la lumière pour faire épanouir le cognassier qu’il a pris pour modèle ; et Jean-Michel Basquiat incarne un jeune artiste new-yorkais sans le sou dans Downtown 81 (2001), sorti sur les écrans vingt ans après son tournage.

Journées internationales du film sur l’art

Du 26 janvier au 5 février à l’auditorium du Louvre, tél. 01 40 20 55 55, www.louvre.fr. Entrée : 5 euros, pass pour l’ensemble des séances : 20 euros

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°339 du 21 janvier 2011, avec le titre suivant : Filmer l’acte de création

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