Lundi 10 décembre 2018

Dictionnaire de l’architecture en Belgique

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 1 février 2004 - 364 mots

Partant du paradoxe existant entre l’importance de la profession d’architecte en Belgique – où l’on dénombre aujourd’hui plus de onze mille professionnels pour moins de 10 millions d’habitants – et la faiblesse des travaux consacrés à ce domaine, Anne Van Loo, docteur en architecture et urbaniste, a mobilisé une cinquantaine d’architectes et d’historiens de l’architecture pour mettre en œuvre cette somme sur l’architecture belge. Présentée sous la forme d’un dictionnaire, pour davantage de commodité, celle-ci réunit quelque sept cents notices, abondamment illustrées, prenant pour sujets architectes, ingénieurs, courants d’idées, revues ou organisations professionnelles, et ponctuées de plusieurs fiches thématiques traitant de la restauration, de l’architecture militaire ou encore de l’habitat social. Ainsi, ceux qui ne connaissaient ni Joseph Poelaert, l’auteur du colossal palais de justice qui domine toute la ville de Bruxelles, ni Victor Bourgeois, « Le Corbusier belge », pourront-ils palier leurs lacunes en toute simplicité.
En introduction à ce monumental ensemble, outil scientifique abordable par le grand public, Anne Van Loo s’est prêtée au jeu du vaste panorama introductif sur l’histoire de l’architecture du pays, depuis la création de l’État belge en 1830 jusqu’à aujourd’hui. Entre tradition française et flamande, l’architecture belge ne trouvera de véritable expression nationale qu’au tournant des XIXe et
XXe siècles, avec l’avènement de l’Art nouveau, dont Bruxelles constituera l’un des foyers les plus brillants, grâce à des personnalités telles que Horta, Hankar ou Van de Velde. Carrefour d’influences, le pays n’échappera pas à celle du modernisme, avant d’affronter, comme son voisin français, les affres de la reconstruction puis l’enthousiasme pour un fonctionnalisme outrancier, qui aboutira dans les années 1960 et 1970 à l’adoption de plans d’urbanisme des plus dévastateurs. L’essai s’achève par un constat sur la situation depuis une vingtaine d’années. Véritable plaidoyer pour la cohérence urbaine, il dénonce la « surenchère sémantique » de certaines formes – ou non-formes – architecturales en vogue aujourd’hui. S’agit-il de l’expression d’une pensée dominante en Belgique ? Elle expliquerait alors l’absence des Belges du top ten des architectes ultramédiatisés...

Anne Van Loo (sous la dir. de), Dictionnaire de l’architecture en Belgique, de 1830 à nos jours, Fonds Mercator, 2003, 623 p., 1 000 ill., 149, 90 euros (version française et néerlandaise).

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°555 du 1 février 2004, avec le titre suivant : Dictionnaire de l’architecture en Belgique

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