Charmantes Icônes de la sainte Russie

L'ŒIL

Le 1 juin 2006

Est-ce un simple hasard du calendrier ? De nombreux musées programment des expositions sur la Russie. Le musée d’Orsay vient de fermer « L’art russe dans la seconde moitié du XIXe siècle », tandis que s’ouvre au Gug­genheim de Bilbao « Russie ! » (lire page 91) et que Le Louvre annonce un grand événement sur la sainte Russie.
L’art russe, icônes est un essai sur la production d’icônes russes du xie au xviie siècle. Le présent ouvrage nous convie à un véritable voyage dans cet art chrétien à la spiritualité orthodoxe, témoin d’une dévotion toute particulière.

Un ouvrage de référence accessible à tous
Si Viktor Nikitic Lazarev, l’auteur, a disparu il y a trente ans, il reste un maître incontesté en la matière. L’icône russe n’a reçu que très tardivement les faveurs des historiens de l’art. Matisse est l’un des premiers artistes à s’y intéresser lors d’un voyage à Moscou en 1911, puis ce fut au tour de Nathalie Gontcharova et ­Chagall de s’en inspirer.
Ces panneaux de dévotion sont d’autant plus difficiles à étudier qu’ils ne sont jamais signés et ont souvent été restaurés à plusieurs reprises. Il est donc mal aisé de leur attribuer un atelier et même une provenance.
Lazarev a su élucider certains mystères avec brio. Avec une rigueur toute scientifique alliée à la volonté d’être compris du plus grand nombre, il fait le point sur ces chefs-d’œuvre rouges et or.

Trois cents reproductions pour une édition luxueuse
Une autre particularité de cet ouvrage est de ne pas s’intéresser aux seuls xive et xve siècles, âges d’or de la peinture ­religieuse du pays-continent. Il consacre de longs développements aux origines et au déclin des icônes byzantines. On aurait pu s’attendre à une vision par trop russophile du sujet. Au contraire l’auteur s’appuie sur ses connaissances de l’art italien pour démonter les influences réciproques.
Il y a toutes les raisons de s’intéresser à l’art de l’icône de Russie : une portée universelle, une esthétique raffinée, une technique élaborée, une iconographie riche et puissante qui émeut jusqu’au spectateur d’aujourd’hui.
Cette édition de luxe comporte quelques trois cents reproductions en couleur d’œuvres les plus significatives de cet art de la contemplation, des pièces issues de la galerie Tretiakov de Moscou, de Saint-Pétersbourg, de ­Novgorod…

Viktor Nikitic Lazarev, L’art russe, icônes, Thalia Édition, 403 p., 2006, 108 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°581 du 1 juin 2006, avec le titre suivant : Charmantes Icônes de la sainte Russie

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