Caspar David Friedrich

L'ŒIL

Le 1 décembre 2000

Parmi les centaines de « beaux livres » publiés tous les ans, très peu sont réellement beaux. Celui-ci se signale d’emblée parmi les exceptions. Sa première qualité est de mettre remarquablement en évidence la renversante beauté des œuvres reproduites, autrement que par l’étalage quadrichromique dont on nous abreuve habituellement. Son atout majeur est le texte de Werner Hofmann, grand spécialiste du Romantisme et de Caspar David Friedrich (1774-1840). Cet ouvrage vient combler une lacune car Friedrich, artiste éminent du XIXe siècle, était jusque-là singulièrement absent de l’édition française. Certes la monographie de Helmut Börsch-Supan parue en 1989 était tout à fait sérieuse (trop peut-être), mais elle péchait par le systématisme de l’interprétation symbolique, sans compter qu’écrite en 1960, elle datait un peu. Hofmann, quant à lui, situe l’artiste dans un vaste contexte, englobant le milieu intellectuel et politique de l’artiste, ses prises de position patriotiques, la réception
de son œuvre par ses contemporains allemands, français ou russes. Pour David d’Angers par exemple, qui le rencontre à Dresde en 1834, Friedrich est l’inventeur de « la tragédie du paysage ». L’auteur procède également à une analyse serrée de l’espace chez Friedrich, avec ses différentes articulations du proche et du lointain, et met en lumière ce qu’il présente comme l’essentielle contribution du peintre à l’art de son temps : l’invention du « paysage-icône », réponse typiquement protestante à la crise de la peinture religieuse.

Werner Hofmann, Caspar David Friedrich, éd. Hazan, 296 p., 210 ill. couleur, 495 F, ISBN 2 85025 736 2.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°522 du 1 décembre 2000, avec le titre suivant : Caspar David Friedrich

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