Mercredi 12 décembre 2018

Caspar David Friedrich

L'ŒIL

Le 1 mars 2001 - 224 mots

La toile emblématique de Caspar David Friedrich, Voyageur contemplant une mer de nuages,  résonne comme un écho aux écrits de Chateaubriand dans Le Génie du Christianisme : « L’homme est suspendu dans le présent, entre le passé et l’avenir, comme sur un rocher entre deux gouffres : derrière lui, devant lui, tout est ténèbres (...) ». Le peintre allemand, « inventeur de la tragédie du paysage » selon David d’Angers, est l’objet d’une relecture par le grand historien de l’art Werner Hofmann. L’auteur replace ce symbole du romantisme allemand dans le contexte intellectuel, politique et religieux de l’époque. En opposition à Goethe, Friedrich s’éloigne de la peinture d’histoire donnant au paysage une nouvelle dignité, l’élevant au rang de métaphore poétique, psychologique, religieuse ou philosophique. Rompant avec la tradition picturale de la perspective centrale, il instaure une nouvelle utilisation de l’espace faite de l’association brutale de la nature proche et de la nature lointaine. Un recueillement solennel le pousse à rejeter le bariolage, l’outrance des formes, privilégiant les atmosphères hivernales, voilées de brouillard. Il réalise alors de véritables tableaux-manifestes tels Le Retable de Tetschen, métamorphosant le paysage empirique en paysage iconique. Un ouvrage remarquable par la qualité de son texte et la beauté de ses reproductions.

Werner Hofmann, Caspar David Friedrich, éd. Hazan, 296 p., 210 ill. couleur, 495 F, ISBN 2 85025 736 2.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°524 du 1 mars 2001, avec le titre suivant : Caspar David Friedrich

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