Vendredi 19 juillet 2019

CATALOGUE

Borobudur

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 30 octobre 2018 - 319 mots

En 1817, un texte de Thomas Stamford Raffles (1781-1826), ancien lieutenant-gouverneur général britannique à Java, en Indonésie, décrit un temple, « couronnant une colline basse », un « bâtiment carré en pierre, avec sept rangées de murailles de taille décroissante au fur et à mesure qu’on en fait l’ascension, et terminé par une sorte de dôme ».

À l’extérieur de ce temple, « des parapets, des niches, disposées à égale distance les unes des autres, renferment chacune une statue d’un personnage nu, assis les jambes croisées, et beaucoup plus grand que nature. Au total, le nombre de ces statues n’est pas loin de quatre cents. » C’est par ces mots que le monde occidental découvre le monument de Borobudur, sur l’île de Java. À cette époque, le site est encore recouvert de terre et de végétation mais témoigne de l’existence d’une civilisation avancée. Si les connaissances, balbutiantes à l’époque, ont avancé depuis, Borobudur conserve entier son mystère. Les commanditaires, la date de construction, la fonction du site ou la signification du programme iconographique (« un exploit sans précédent par son ampleur et sa thématique ») restent encore sujets à débats – ce qui vaut, d’ailleurs, à Borobudur le qualificatif de « pomme de discorde ». « Au risque de décevoir le lecteur en quête de réponses simples et sans ambiguïtés, le présent ouvrage se [contente] – et c’est déjà un défi en soi – de présenter de la manière la plus objective possible une synthèse de l’état actuel des principaux points de discussion entourant Borobudur », prévient Helen Loveday, conservatrice de la Fondation Baur, à Genève, et auteure de cet ouvrage qui accompagnait une récente exposition à la fondation. Illustré par les admirables photographies des bas-reliefs du site, réalisées par le couple de photographes belges Caroline et Hughes Dubois, Borobudur, Joyau de l’art bouddhique dépasse son simple statut de catalogue d’exposition pour entrer dans la catégorie des très beaux livres. 

Helen Loveday, photos de Caroline et Hughes Dubois,
Borobudur, Joyau de l'art bouddhique,
5 Continents, 178 p., 45 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°717 du 1 novembre 2018, avec le titre suivant : Borobudur

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