Mercredi 21 octobre 2020

Beauté japonaises

Par Virginie Duchesne · L'ŒIL

Le 18 mai 2012 - 406 mots

Beaux livres. À l’automne 2011, huit maîtres de l’ukiyo-e, qui définit la peinture et l’estampe de la période Edo, étaient exposés à la Maison de la culture du Japon à Paris.

Parmi eux, deux des plus éminents représentants de ce mouvement : Utamaro et Hokusai. L’un célèbre la beauté féminine, l’autre celle des paysages. Utamaro est passé maître dans l’art de la représentation des « belles femmes », un genre de l’ukiyo-e ; Hokusai est surtout connu pour sa série des trente-six vues du mont Fuji.

Les « belles femmes » sont celles qui vivent dans le quartier de Yoshiwara ou des « maisons vertes », quartier des plaisirs d’Edo. Utamaro est le premier à utiliser le format du portrait rapproché, traditionnellement destiné aux acteurs de kabuki, pour dépeindre la beauté féminine. La collection conservée aux Musées royaux de Bruxelles fut constituée en grande partie par le legs d’Edmond Michotte. Celui-ci l’acquit à Paris, capitale du japonisme à la fin du XIXe siècle. Elle est présentée dans un coffret comprenant les douze planches de la série des Douze Heures des maisons vertes, deux triptyques et un livre relié traditionnellement qui rassemble cinquante portraits d’« autres beautés ». Les notices des œuvres, un historique de la collection et une courte biographie de l’artiste constituent un cahier séparé.

Pour mieux saisir le contexte de l’époque, le monde des éditeurs et l’art de l’ukiyo-e lui-même, il faudra se plonger dans la monographie du second maître japonais présenté par Matthi Forrer. La carrière d’Hokusai fut longue et sa production abondante couvre plusieurs domaines : l’estampe commerciale et l’estampe d’art ainsi que l’illustration de romans populaires. Il traverse les périodes, change régulièrement de nom et se renouvelle sans cesse. Ses œuvres sont présentées dans un livre collé, à la manière japonaise, aux feuilles doubles dont la matière se rapproche au plus près du papier de riz. Un ouvrage agréable à feuilleter et à lire. L’étude minutieuse mais néanmoins accessible de ce spécialiste des arts japonais, conservateur au Musée de Leyde, parcourt toute sa carrière, incluant un glossaire complet indispensable.
Ces deux maîtres de l’ukiyo-e ont attiré à eux « plus d’une vingtaine d’élèves » et de nombreux disciples et admirateurs, jusqu’au-delà de leurs frontières, parmi lesquels les impressionnistes. Ces deux ouvrages célèbrent leur talent, en parfaite complémentarité.

Nathalie Vandeperre et Chantal Kozyreff, Utamaro, Hazan, 160 ill., 160 p., 38 e ; Matthi Forrer, Hokusai, Hazan, 576 p., 300 ill., 81,15 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°647 du 1 juin 2012, avec le titre suivant : Beauté japonaises

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