Arts premiers

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 décembre 1999

ortant des musées spécialisés, les arts premiers font en avril 2000 leur entrée au Louvre. Ceci incite les éditeurs à publier sur ce sujet difficile des ouvrages destinés à un vaste public de non-spécialistes.

Sous le titre Arts premiers, Bérénice Geoffroy-Schneiter traite pour les éditions Assouline des arts d’Afrique et d’Océanie, l’Afrique occupant la plus grande part de ce volume. Tout se lit très agréablement, dans un style alerte, souvent truffé d’anecdotes. Une première partie fournit quelques  rudiments de connaissance concernant le passé de l’Afrique. La deuxième attaque le difficile problème du rôle et de l’omniprésence du sacré dans la vie africaine. Vient ensuite un chapitre sur l’art royal, distinct de l’art tribal des villages. Une dernière section rend justice à « la beauté dans l’utile » soit tous les objets de la vie quotidienne – et ils sont nombreux, des tissus aux bijoux – qui révèlent une recherche esthétique. Passant aux arts océaniens, malgré les grandes et nombreuses zones d’ombre qui subsistent en ce domaine, le dernier tiers du livre adopte une approche articulée sur la situation géographique des îles, Polynésie, Micronésie et Mélanésie, chaque ensemble étant caractérisé par quelques œuvres typiques. À propos des arts de l’Insulinde, on passe par-dessus le culte des ancêtres pour aborder rapidement le thème de la parure. Accompagnant ce texte, l’iconographie est abondante et très belle mais a déjà été si souvent répétée qu’elle risque de laisser sur leur faim tous ceux qui ont déjà ouvert un catalogue d’art africain. Ces lecteurs-là pourront se reporter au beau volume consacré au Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie. Rédigé par des conservateurs, dans un style qui n’a rien d’obscur, il traite successivement du Maghreb, de l’Afrique noire et de l’Océanie. Chaque œuvre reproduite est commentée pour elle-même et donne aussi à l’auteur l’occasion d’introduire quelques considérations plus générales sur le sujet. Cette approche permet d’utiliser l’ouvrage comme un guide, dans le musée, tout en proposant finalement une vue générale des cultures concernées. L’iconographie de très belle qualité reproduit toutes les œuvres tirées des collections du musée. Le Musée de l’Homme fait de même avec une publication légère sur ses Trésors méconnus parue au Cherche-Midi éditeur. Nous apprenons enfin avec plaisir la naissance avant la fin de l’année d’un magazine annuel Arts et Cultures publié par les soins du Musée Barbier-Mueller de Genève. À travers des reportages, des enquêtes et des dossiers, il traitera des arts de l’Antiquité, de l’Afrique, de l’Océanie, des Amériques et des arts premiers de l’Asie. Ce magazine luxueux se signale par sa remarquable qualité graphique et son iconographie entièrement en couleur. Bien que destiné à un public de non-spécialistes, il sera rédigé par des auteurs spécialisés.

Bérénice Geoffroy-Schneiter, Arts premiers, éd. Assouline, 400 p., 400 ill., 195 F, ISBN 2-842-16-1. Collectif, Le Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie, éd. RMN, 134 p., 145 F, ISBN 2-7118-3855-2. Arts et Cultures, coéd. Musée Barbier-Mueller/Adam Biro, 150 p., 130 ill., 98 F, ISBN 2-87660-273-3. Sous la direction de Catherine Eve Di Chiara, Trésors méconnus du Musée de l’Homme, éd. Le Cherche-Midi, 128 p., 250 F, ISBN 2-86274-682-7.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°512 du 1 décembre 1999, avec le titre suivant : Arts premiers

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