Ventes publiques

Viviane Esders quitte l’expertise et les ventes publiques

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 16 juillet 2019 - 494 mots

PARIS

L’expert en photographie met un terme à sa carrière en tant qu’expert en ventes aux enchères après 40 ans d’activité.

Viviane Esders © photo Michel Lunardelli
Viviane Esders

Active depuis 40 ans dans le domaine de la photographie, Viviane Esders ferme son cabinet d’expertises. « Après 40 ans de travail, j’ai décidé d’arrêter car je prends ma retraite, tout simplement. Et puis j’ai plein d’autres projets, comme écrire des ouvrages très pointus sur la photo, gérer ma collection, la promouvoir et l’exposer », a-t-elle confié au JdA

Sa collection personnelle réunie environ 600 photographies du XXe et XXIe, de grands maîtres mais aussi de nouveaux photographes « qui m’intéressent et que je souhaite suivre ». Sa collection pourrait être montrée dans un musée ou lors d’une exposition en lien avec la photographie. « Je ne montrerai pas tout d’un coup, je ferai des chapitres », précise la spécialiste. Elle projette également de créer un prix Viviane Esders pour la photographie. « Je fais partie des Amis du Jeu de Paume, du Tokyo Art Club, des Amis des Beaux-Arts, … Je vais me réactiver dans ces domaines, regarder encore plus les jeunes artistes, voir des expositions… car je manquais de temps ».

Viviane Esders collaborait principalement avec le commissaire-priseur Yann Le Mouel à raison de six ventes par an, mais aussi avec d’autres opérateurs comme Cornette de Saint Cyr, Baron Ribeyre et plus récemment Crait + Müller. Sa première vente aux enchères remonte à 1990 avec Pierre Cornette de Saint-Cyr, également passionné de photos, lors de ce qui fût une des premières ventes de photographies contemporaines en France.

« C’est New York qui m’a ouvert les yeux sur la photo quand j’y suis allée en 76. Il y avait à cette époque une douzaine de galeries spécialisées ». Elle y a d’ailleurs acheté sa première photographie en 1979, un Calla Lily de Robert Mapplethorpe. Acquise 900 dollars, elle en vaut 50 000 aujourd’hui. En rentrant à Paris, elle décide d’ouvrir sa propre galerie : 300 m2 dans un hôtel particulier en face de Beaubourg. « Dans ces années là, il n’y avait pas de marché de la photo, c’était très difficile. Je montrais Mapplethorpe quand les autres exposaient Bresson et Doisneau », se souvient-elle. Au bout de 10 années, elle se sépare de son espace, avant de se tourner vers les ventes publiques. 

En 40 ans, le marché de la photographie s’est envolé. Aujourd’hui, c’est un marché confronté, comme dans tous les autres domaines, au vieillissement des acheteurs dont les collections sont déjà richement garnies. « Ils achetaient de très belles pièces pas chères dans les années 80. Maintenant, certaines peuvent dépasser le million donc ils n’achètent plus », souligne la spécialiste. Les goûts des nouveaux collectionneurs ont évolué. Ils recherchent avant tout de grands formats, en couleur, des choses connues. « En 40 ans, il y a eu un changement radical du marché, les maisons ont changé, il y a eu l’internationalisation… donc je suis très contente de m’en éloigner »
 

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