Dimanche 22 septembre 2019

Ventes publiques

Art contemporain

Une première vente 100 % vidéo

La maison Wapler à Drouot organise une vacation consacrée exclusivement à l’art vidéo

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 15 janvier 2014 - 493 mots

PARIS

Le 29 janvier marquera les 8 ans de la mort de Nam June Paik, pape de l’art vidéo. C’est la date opportunément choisie par la maison Vincent Wapler, à Paris, pour organiser la première vente intégralement dédiée à ce médium en France.

PARIS - Sont proposées 150 œuvres pour une estimation modeste de 525 000 à 600 000 euros (1), des artistes historiques à la jeune garde, sans toutefois comprendre les plus illustres noms de la discipline. L’idée est née d’une conversation entre l’écrivain et critique Michel Nuridsany et Vincent Wapler, duo auquel s’est greffé l’expert Arnaud Brument, tout de suite enthousiaste. « Nous souhaitons faire une vente thématique, mais sans proposer un événement branché sur l’art du XXIè siècle », précise ce dernier.

Même si certaines œuvres passent aujourd’hui de façon isolée en salle des ventes, l’art vidéo est relativement ignoré par le marché. Reproductibilité, immatérialité, présentation et conservation contraignantes, obsolescence des supports ou encore coûts de production importants…, la liste des difficultés techniques liées au support est longue. Elle explique que l’art vidéo constitue un marché d’initiés et reste peu présent dans les foires, a fortiori dans les ventes aux enchères. Les prix au marteau sont d’ailleurs peu élevés, hormis pour les incontournables, Nam June Paik, Bruce Nauman ou Bill Viola, qui affichent des résultats à six chiffres. « Aujourd’hui ce sont essentiellement les galeries qui fixent les prix, aussi il sera intéressant de voir ce que va donner la vente. L’art vidéo est un classique de demain », indique Arnaud Brument.

Consciente des obstacles à lever, la maison a prévu des estimations prudentes, des garanties explicites, et l’organisation d’un débat sur l’avenir de l’art vidéo. Objets physiques (VHS, disquettes…) sont associés à une déclinaison numérique et un partenariat a été monté avec la chaîne télévisée Souvenirs from Earth, qui présente sur son site la majorité des vidéos dans leur intégralité. Quelles sont les attentes de la maison ? « Ce ne sera certainement pas encourageant du point de vue financier, il s’agira presque de mécénat. Mais l’enjeu est aussi celui du positionnement de la maison », explique Arnaud Brument.

Au catalogue figurent des pièces historiques : un film de l’exposition de Gilbert & George organisée en Chine (est. 400 à 500 euros), celui de Tinguely au Centre Pompidou en 1988-1989 (500-600 euros) ou Les Gestes du coiffeur de Fred Forest (1973, est. 100 000 à 120 000 euros). Tony Oursler est présent avec Hole (1998, est. 60 000 à 80 000 euros), Pierrick Sorin avec sa Chorégraphie d’aujourd’hui, produite par la Fondation Cartier en 2000 (est. 35 000 à 40 000 euros). Les films de Carole Benzaken, Ben, Eric Duyckaerts ou Fabrice Hyber passeront également sous le marteau.

(1) Tous prix annoncés hors frais

ART VIDÉO

le 29 janvier à 14h, Vincent Wapler, Drouot, 9, rue Drouot, 75009 Paris ; exposition publique : 28 janvier 11h-18h, 29 janvier 11h-12h, tél. 01 48 00 20 20. Vidéos à voir sur www.sfe.tv/venteartvideowapler

Légende photo

Marcus Kreiss, Dollhouse (image extraite), 2007, vidéo HD 16:9, 7 min 15 sec., estimation : 9 000 - 10 000 euros, vente du 29 janvier, SVV Wapler, Paris. © SVV Wapler.

Thématiques

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°405 du 17 janvier 2014, avec le titre suivant : Une première vente 100 % vidéo

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