Dimanche 9 décembre 2018

Strasbourg

St-art garde sa ligne

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 12 décembre 2012 - 760 mots

La 17e édition de la foire, qui a accueilli près de 26 000 visiteurs, fait la part belle à la peinture et aux galeries françaises.

STRASBOURG - Lancée en 1997, St-art se targue d’être l’une des plus anciennes foires du circuit derrière la Fiac (Foire internationale d’art contemporain), et la première foire hexagonale… hors Paris. Si l’on fait abstraction du cadre – le morne hangar du parc des expositions de Strasbourg – pour se concentrer sur les œuvres et leurs passeurs, les galeristes, St-art ne manque pas d’atouts. Plus simples et moins affectées que dans la capitale, les rencontres sont, ici, plus aisées. Les cinq galeristes qui composent le comité consultatif, aux côtés du nouveau directeur artistique du salon, le Strasbourgeois Yves Iffrig, sont parvenus à améliorer le niveau qualitatif du salon.

La foire réunissait du 23 au 26 novembre une centaine de galeries dont plus de 30 % d’étrangères. L’Allemagne arrivait en tête (12 galeries), suivie par l’Espagne (7) et l’Italie (3). Côté français, les galeries parisiennes (28) précédaient leurs homologues strasbourgeoises (11) et lyonnaises (4). À St-art, l’accent est mis sur la peinture et les œuvres sur papier plus que sur les sculptures. Les installations et vidéos sont, elles, presque inexistantes. Tous les grands mouvements qui animent la scène artistique depuis une cinquantaine d’années (abstractions géométrique et lyrique, Figuration narrative ou libre, Nouveau Réalisme, pop art, art brut) ont ici la part belle.

Figuration libre et Supports-Surfaces
Sur le stand d’Elizabeth Couturier, François Boisrond voisine avec Peter Klasen. La vie conjugale, c’est chouette et La Ferme du bonheur, deux acryliques et gouache sur papier, vives et colorées, par le représentant de la Figuration libre, illuminent les cimaises de cette belle galerie lyonnaise. La galerie parisienne GZ ménageait, elle, à côté de petites pièces de grands noms du street art, une large place à des tableaux de Robert Combas des années 1980 et 1990. Il fallait compter 68 000 euros pour une grande toile (200 x 200 cm) de 1990. Supports-Surfaces était lui aussi présent sur plusieurs stands, ceux de la galerie Jean Greset installée à Besançon et de la Galerie Herzog notamment. Des estampes de Claude Viallat et de Jean-Pierre Pincemin (belle et grande gravure sur bois de 2004 à 6 000 euros) y tutoyaient une lithographie d’Antonio Segui tirée à 20 exemplaires (700 euros).

Pourquoi exposer à St-art ? « L’activité en galerie à Paris ne suffit plus. J’avais déjà exposé deux fois à Strasbourg il y a dix ans, et j’ai décidé de tenter à nouveau l’expérience », lance Pascal Gauvard Herzog, qui partage son temps entre son espace de la rue Saint-Martin à Paris et son atelier de gravure, Pasnic, créé en 1978.

À noter, parmi les autres spécialistes d’estampes, les éditions Bucciali de Colmar, qui présentaient deux grandes aquatintes d’Alain Clément et une série de pointes sèches à tirage unique de Jacques Clauzel.

Alsacien installé à Paris où il a ouvert une galerie en 2002, Jean Brolly a fait lui aussi son retour à St-art cette année. Il présentait, aux côtés des œuvres de François Morellet et de Rémy Hysbergue, un ensemble d’émouvants pastels gras de Mathieu Cherkit (1 400 euros). Ce jeune artiste né en 1982 et installé à Saint-Cloud se concentre sur son entourage immédiat, son jardin et l’intérieur de sa maison, pour des œuvres étranges jouant sur la tridimensionnalité.

Installé rue du Perche dans le 3e arrondissement de Paris, Pascal Gabert est demeuré fidèle à St-art depuis les tout débuts du salon. Il montrait cette année de magnétiques petites toiles d’Arezki-Aoun dont Figure debout le matin représentant une jeune femme nue absorbée dans une forme de dialogue intérieur (1 500-3 000 euros). « Il y règne un mystère, presque un suspense comme si l’image n’était que le support ou le prétexte à l’expression de quelque chose de plus profond et sourd, totalement enfoui et dont on ne ressent que les vibrations », explique le galeriste.

Installé à deux pas du stand de Pascal Gabert, celui de Jean-Pierre Ritsch-Fisch est une autre étape obligée du salon. Spécialiste de l’art brut, le galeriste strasbourgeois présentait cette année, au centre de son cabinet de curiosités, d’étonnantes sculptures d’ACM – pseudonyme d’Alfred Marie – proposées à 15 000 euros. Plusieurs de ces assemblages de petites pièces métalliques, électroniques et plastiques extraites de machines à écrire, transistors, réveils et horloges figurent dans la collection d’art brut de James Brett, le directeur du Museum of Everything, laquelle collection s’est arrimée cet automne boulevard Raspail à Paris, sous la forme du projet « Chalet Society » de Marc-Olivier Wahler.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°381 du 14 décembre 2012, avec le titre suivant : St-art garde sa ligne

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