Dimanche 18 novembre 2018

SVV Cornette de Saint Cyr

Sacrée collection Delon

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 12 novembre 2007 - 464 mots

Beau succès pour la seconde École de Paris et les peintures du groupe Cobra.

 PARIS - Le 15 octobre, la SVV Cornette de Saint-Cyr a dispersé avec succès la collection Alain Delon de tableaux de la seconde École de Paris et du mouvement Cobra. Les quarante œuvres ont pratiquement atteint 9 millions d’euros, soit le double de l’estimation basse, au terme de deux interminables heures de vente publique. On se serait franchement cru à l’avant-première d’un film de l’acteur tant il y avait de fans dans la salle. Dix minutes avant les enchères, les salons de Drouot Montaigne affichaient complets et le service de sécurité refusait toute nouvelle entrée. Puis, coup de théâtre : Pierre Cornette de Saint-Cyr annonçait publiquement qu’à la demande de son ami Alain Delon, la vente allait être dirigée par son fils Arnaud Cornette de Saint-Cyr, lequel héritait pour ce faire du premier marteau de son père. Pierre l’avait offert à Alain qui en faisait cadeau à Arnaud. La boucle était bouclée. L’effet Delon s’est limité à cela.
Les collectionneurs n’ont pas été influencés outre mesure par le pedigree des tableaux. Seule la qualité des pièces importait. L’enchère la plus élevée est revenue à La Vallée de l’oiseau (1954) de Jean-Paul Riopelle, adjugée 882 756 euros, son estimation basse. « On en espérait un peu plus… », livre l’expert Wilfrid Vacher. Une peinture de 1950 de Pierre Soulages, estimée 300 000 à 400 000 euros, a été emportée par un collectionneur taïwanais au téléphone pour 782 000 euros. Nature morte au poêlon, œuvre de 1955 par Nicolas de Staël, est partie à 625 230 euros, son estimation basse. Les peintures de Maurice Estève ont connu un vif succès, notamment l’huile sur toile Noirbel (1957) qui s’est envolée au double de son estimation haute à 478 620 euros, achat d’un particulier français et record mondial pour l’artiste. Six autres records ont été enregistrés pour Alfred Manessier avec La Tour de David (1952) partie pour 417 260 euros ; Olivier Debré avec une Nature morte de 1956 emportée pour 135 000 euros ; Jean Degottex avec Antée III (1956) adjugé 245 450 euros ; Oscar Gauthier avec une Composition de 1950 vendue 62 600 euros ; Jacques Germain avec une Composition de 1971 cédée pour 49 000 euros et pour l’artiste Cobra Constant avec Twee vogels (deux oiseaux) (1949) sur une enchère de 478 620 euros. Die Familie (La Famille) (1952) de Karel Appel est le tableau qui a suscité le plus d’intérêt de la part des amateurs d’œuvres Cobra. Estimé 300 000 euros, il s’est vendu 658 800 euros sous les applaudissements du public. Les acquéreurs étaient des collectionneurs privés d’Europe du Nord, d’Italie, de Chine, de Russie et du Venezuela, ainsi que des musées d’Europe du Nord, dont le Musée Cobra à Amstelveen (Pays-Bas).

Collection Delon

- Experts : Wilfrid Vacher et la galerie Applicat-Prazan (consultant) - Estimation : 5 millions d’euros - Nombre de lots : 40 - Résultat : 8,7 millions d’euros - Lots vendus : 100 %

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°268 du 2 novembre 2007, avec le titre suivant : Sacrée collection Delon

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