Première

Rauschenberg combiné

Par Henri-François Debailleux · Le Journal des Arts

Le 6 décembre 2016 - 425 mots

Thaddaeus Ropac présente un éventail de peintures très représentatif de l’œuvre du précurseur du pop art.

PARIS - Cette exposition de Robert Rauschenberg (1925-2008), la première présentée par la galerie Thaddaeus Ropac depuis qu’elle représente la succession de l’artiste, est la plus importante montrée en France depuis celle du Mamac de Nice (2005-2006) et du Centre Pompidou à Paris (2006- 2007). Par ailleurs, les seize œuvres rassemblées (que l’on risque de ne pas revoir de sitôt) appartiennent toutes à la série « Salvage » (1983-1985), qui en compte au total 70 et qui est la dernière que l’artiste a réalisée sur toile. Rauschenberg reprendra par la suite ce support, mais de façon ponctuelle, car après « Salvage » il va travailler sur métal, aluminium, cuivre… En outre, bon nombre de ces œuvres ont un joli pedigree : Mane et Moat ont été montrées à la Biennale de Venise en 1984 (après la Fondation Maeght), Rollings faisait partie de la rétrospective de l’artiste au Guggenheim à New York en 1998. Enfin la sélection est un parfait résumé de sa pratique. Dans la grande salle sont réunis tous les types de format, carré, rectangulaire en hauteur ou en largeur ; une variété de fonds – toile écrue, blanche ou grisée –, déployant une riche gamme de couleurs et un large éventail de sujets et figures.
Il faut s’approcher des toiles pour découvrir ces images sérigraphiées à partir des photos prises par l’artiste, comme autant de moments présents, fragments de vie, éléments autobiographiques : ici un bout d’affiche de Renault (il avait fait peu de temps avant une œuvre pour la collection de la marque et avait eu accès aux archives), là des animaux de la ferme de son Texas natal, ailleurs différentes scènes tirées d’un voyage autour du monde. Il faut encore apprécier de très près le travail de la surface combinant ces images à la matière picturale. Mais reculer aussi pour se rendre compte de la force et du formidable sens de la composition de Rauschenberg, maître de la juxtaposition aléatoire, du chevauchement partiel et des télescopages éclairs. Autrement dit : il faut conjuguer plan large et vue de détails.

Compris entre 500 000 dollars (470 000 €) pour les plus petites toiles et 4,5 millions de dollars pour la plus grande (3,95 x 3,86 m), les prix sont certes élevés. Mais il s’agit de l’un des précurseurs du pop art, considéré comme l’un des plus grands artistes américains d’après guerre et l’un des plus inventifs, l’inventeur des Combine paintings, et le premier Américain à décrocher le Lion d’or à la Biennale de Venise en 1964. Un monument en quelque sorte.

ROBERT RAUSCHENBERG, SALVAGE

Jusqu’au 14 janvier 2017, Galerie Thaddaeus Ropac Marais, 7, rue Debelleyme, 75003, tél. 01 42 72 99 00, www.ropac.net, du mardi au samedi 10h-19h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°469 du 9 décembre 2016, avec le titre suivant : Rauschenberg combiné

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