Dimanche 19 janvier 2020

Antiquaire - Galerie

7 jours à Paris

Quatre manifestations adoptent un étendard commun

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 25 mai 2016 - 1157 mots

PARIS

Les traditionnels événements parisiens de quartier que sont D’Days, Carré Rive Gauche, Nocturne Rive Droite et Art Saint-Germain-des-Prés amorcent un timide regroupement pour accroître leur notoriété.

PARIS - L’année dernière, par un hasard de calendrier, D’Days, Carré Rive Gauche, Nocturne Rive Droite et Art Saint-Germain-des-Prés s’étaient tenues aux mêmes dates, sans concertation aucune de la part de chacun des organisateurs. Cette année, sous l’impulsion d’Alexandre Piatti, président du Carré Rive Gauche, il en a été tiré des leçons. « L’an passé, comme nous avons eu pas mal de passage du fait que les événements ont eu lieu en même temps, nous nous sommes demandé par quel levier pouvons-nous attirer une clientèle internationale ? Réponse : plus nous sommes nombreux, plus sous sommes forts. » À Londres, il y a bien la London Art Week, alors pourquoi Paris ne pourrait pas faire de même ? Le temps de trouver un nom et une date commune et le projet était lancé.

Aussi, pas moins de 400 participants exerçant dans le domaine de l’art, des antiquités ou du design ouvrent leurs portes, du 30 mai au 5 juin : galeries, antiquaires, showrooms, écoles d’art, musées… Un chiffre élevé qui pourrait faire peur. « Ce n’est pas une manière de noyer les visiteurs. Personne ne va s’intéresser aux 400 exposants. On espère attirer à Paris à ce moment-là un peu plus de gens que si nous restions chacun dans notre coin avec des dates différentes. Ensuite, chaque visiteur fait en fonction de ses goûts », souligne Jean-Pierre Arnoux, président d’Art Saint-Germain-des-Prés.
Cette année est une année de test. « Nous prenons la température », indique Alexandre Piatti. La communication est commune, mais il n’y a pas de budget commun et chaque entité garde sa personnalité. Si l’essai est réussi, l’an prochain, une autre étape pourrait être franchie : un logo commun et une seule et même communication. Mais pour l’instant, seuls le regroupement et la synergie comptent et le vernissage de chaque manifestation a lieu un soir différent.

Carré Rive Gauche
Pour sa 39e édition, le Carré Rive Gauche, dont l’inauguration est le 31 mai, continue sur sa lancée et organise son événement autour du thème « Femme(s) ». La centaine d’exposants, spécialisés pour la plupart en art ancien, louera donc la femme sous toutes ses formes, qu’elle soit modèle ou artiste. La galerie Dragesco-Cramoisan présente une paire de vases en porcelaine de Sèvres représentant des femmes vêtues à l’antique, offerts par Napoléon Ier en 1809 à sa sœur Pauline Borghèse. Cette dernière les offrira à la duchesse de Hamilton. Jean-Marc Lelouch expose La Marathonienne, une sculpture de Philippe Hiquily, quand la galerie Delesalle-Hourton expose un lustre représentant Joséphine Baker, vers 1930, et que la galerie Bérès, de retour, présente une feuille de Rodin, Femme nue à la chevelure blonde.

Nocturne Rive Droite
Le mercredi soir, ce sera au tour de la Nocturne Rive Droite de se lancer, le temps d’une soirée avec plus d’une soixantaine de participants et l’art contemporain en mode majeur, accompagné d’objets d’art et mobilier ancien. Treize nouveaux participants rejoignent la manifestation, dont trois maisons de ventes : Audap & Mirabeau, Piasa et Marc-Arthur Kohn. « Si nous voulons défendre le marché de l’art à Paris, tout le monde doit se liguer y compris les maisons de ventes », commente Guillaume Léage, co-organisateur. L’OVV Marc-Arthur Kohn consacre ses espaces à Arman et ses « Colères », destructions d’instruments de musique – en rapport avec le thème choisi pour cette édition, l’art et la musique. Pour sa première participation, la galerie Kamel Mennour, qui ouvre son troisième espace (lire p. 22), met à l’honneur, Huang Yong Ping. La galerie Laurent Strouk expose du Street Art, avec des œuvres de Keith Haring ou Basquiat, tandis que la galerie Tornabuoni expose Piero Dorazio, un des pères de l’abstraction, sous le commissariat de Serge Lemoine.

Art Saint-Germain-des-Prés
Le lendemain, Art Saint-Germain-des-Prés donne le top départ de la 18e édition du Juin d’Art. L’événement met en avant trois disciplines bien déterminées : l’art moderne et contemporain, l’art tribal et le design, unifiés par un thème « Côté cœur, côté raison », soutenu par un partenariat original avec l’Unicef. « Une ristourne est faite à l’acheteur et le reste de la somme fait l’objet d’un chèque en faveur de l’Unicef. On y perd peut-être quelques sous, mais on gagne en image », indique Jean-Pierre Arnoux, qui effectue son dernier mandat de président. Parmi la cinquantaine de participants, dix nouveaux ouvrent leur porte, comme la galerie Jacques Barrère qui, pour l’occasion, présente une sélection de cinquante œuvres destinées aux jeunes collectionneurs, pour des prix allant de 800 à 9 000 euros. « L’idée est de rappeler que l’Asie est vaste et que l’on peut trouver des choses très anciennes et belles qui sont accessibles. Il n’y a plus de corrélation directe entre la valeur historique et artistique d’une œuvre et sa valeur marchande », explique Antoine Barrère. Parmi les œuvres présentées, une tête de Bodhisattva en schiste, art gréco-bouddhique du Gandhara, I-IIer siècle.

D’Days
D’Days rejoint cette semaine d’émulation tout en ouvrant la voie, puisque la manifestation organise son vernissage dès le 30 mai, pour un parcours centré sur le design. La manifestation  invite à découvrir expositions et lieux associés au design sous toutes ses formes. « La nécessité de se fédérer pour déployer une offre dynamique aux parisiens et aux visiteurs internationaux a motivé notre participation », explique le président, René-Jacques Mayer. « Cette année, le thème “révolution/évolution” met l’accent sur nos pratiques, en mouvement. (…) Grâce à des initiatives et des évolutions qui naissent du terrain, le métier de designer évolue. » Parmi plus de 80 participants, la galerie Dutko présente le travail de Karen Chekerdjian, un mobilier sculpture dont les pièces Hiroshima III et V, Platform Rainbow, ou la collection « Totem ». Quatre parcours sont proposés dans Paris, entre expositions, installations, conférences ou workshops. De quoi ravir tous les goûts.

Le Parcours Saint-Germain fait bande à part

Pour sa 16e édition, le Parcours Saint-Germain a décidé de redevenir une manifestation printanière (du 10 au 19 juin), tandis que ses éditions précédentes de 2011 à 2015 avaient lieu en octobre au moment de la Fiac. L’événement culturel invite à une promenade artistique dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés et se donne pour mission de contribuer au rayonnement de l’art contemporain. Aussi, boutiques, cafés, hôtels, palaces et lieux emblématiques du quartier se transforment en lieux d’exposition. Cette année les projets artistiques se développent autour de la thématique « Sans limites : de l’objet à l’œuvre » ou comment les artistes jouent avec les objets qui nous entourent. Plus resserré, le parcours offre à voir vingt-cinq artistes dans autant de lieux. Parmi eux, Alice Anderson montre ses capsules d’objets en acier recyclé place Saint-Germain-des-Prés ; Annabelle Arlie présente ses assemblages de matériaux de récupération chez Robert Clergerie et Mathieu Mercier expose ses œuvres au café de Flore. M. P.

Parcours Saint-Germain-des-Prés
10-19 juin
www.parcoursaintgermain.com

7 jours à Paris

D’Days Festival du design
30 mai-5 juin
Vernissage : 30 mai
Lieu : principalement sur Paris 1er, 2e, 3e, 6e.
Informations : www.ddays.net

Art Saint-Germain-des-Prés
30 mai-5 juin
Vernissage : 2 et 5 juin
Lieu : autour de la rue de Seine. Paris 6e
Informations : www.artsaintgermaindespres.com

Carré rive gauche
31 mai-4 juin
Vernissage : 31 mai
Localisation : autour de la rue de Beaume. Paris 7e
Informations :www.carrerivegauche.com

Nocturne rive droite
1er juin
Vernissage : 1er juin
Lieu : autour de l’avenue Matignon. Paris 8e
Informations : www.art-rivedroite.com

Légende Photo :
René-Jacques Mayer, président des D'Days, Guillaume Léage, coorganisateur de la Nocturne Rive Droite, Jean-Pierre Arnoux, président d’Art Saint-Germain-des-Prés, et Alexandre Piatti, président du Carré Rive Gauche sur la passerelle des Arts, Paris, le 17 mai 2016 © Photo : Xavier Muyard.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°458 du 27 mai 2016, avec le titre suivant : Quatre manifestations adoptent un étendard commun

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