Foire

Paris Tribal en quête d’un nouveau public

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 10 avril 2019 - 553 mots

PARIS

La manifestation parisienne, constituée en grande majorité d’exposants français cette année, aimerait rallier de nouveaux collectionneurs. Pour ce faire elle met en vente des pièces à moins de 5 000 euros.

Détail de l'affiche Paris Tribal 2019
Détail de l'affiche Paris Tribal 2019

Paris. Créé en 2014 par quelques marchands d’arts premiers installés dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, Paris Tribal revient pour la sixième année consécutive, du 10 au 14 avril. Plus resserré que l’an passé, l’événement accueille 27 marchands – dont 26 français – contre 32 l’an passé. Seuls trois « invités » (provinciaux ou étrangers) sont présents, alors qu’ils étaient huit en 2018. Ainsi, Bruce Frank (États-Unis), Michel Thieme (Amsterdam) ou encore l’Espagnol David Serra ne sont pas revenus. « Avec la multiplication des événements, les marchands doivent faire des choix. Et puis ils ont dû se décider en décembre, quand l’effet “gilets jaunes“ battait son plein. Difficile de les convaincre que Paris serait calme », rapporte Cédric Le Dauphin, aux manettes de la manifestation. En revanche, tous les marchands parisiens ont répondu présents, excepté la galerie Schoffel de Fabry. Ils sont rejoints cette année par la galerie Kanaga de Paris et le marchand belge Jo de Buck invité par Alain Bovis.

Depuis un moment déjà, les marchands d’arts premiers peinent à renouveler leur clientèle, alors pour tenter d’attirer l’attention de nouveaux clients, ils ont décidé de proposer quelques pièces de qualité, mais à des prix plus bas (soit en dessous de 5 000 €) désignés par une signalétique particulière. « Il y a toute une frange de la clientèle, que nous ne sous-estimons pas du tout, mais que nous avons du mal à toucher. Son budget est limité, mais ce n’est pas pour autant qu’elle n’a pas le goût pour les pièces que nous proposons », explique Cédric Le Dauphin.

Une tactique plus ou moins suivie
Statuette Songyé, République Démocratique du Congo, bois, perles de verre et corne, hauteur : 44 cm, galerie Eric Hertault, Paris. © Photo Dick Beaulieux
Statuette Songyé, République Démocratique du Congo, bois, perles de verre et corne, hauteur : 44 cm, galerie Eric Hertault, Paris.
© Photo Dick Beaulieux

Cette nouvelle offre n’a pas empêché certains marchands de proposer une exposition thématique assortie d’une large gamme de prix. C’est le cas de la galerie Flak qui, avec « Du Pacifique Nord au Pacifique Sud : sur les traces du Capitaine Cook », tente de recréer l’itinéraire de l’explorateur en montrant des objets en provenance d’Alaska jusqu’à l’île de Pâques, en passant par Hawaï et les Marquises. « Il s’agit d’un ensemble d’objets que Cook a pu voir ou rapporter », souligne le marchand. Parmi eux, pour des prix allant de 1 000 à 5 000 euros – notamment pour des objets papous – jusqu’à 50 000 euros, figure une massue Wahaika Maori (Nouvelle-Zélande), XVIIIe ou début du XIXe (60 000 €). À la galerie Abla et Alain Lecomte, c’est une trentaine de pierres funéraires de la région de Boma du Congo-Kinshasa, peuple Yombe, qui est visible. Une dizaine est affichée à moins de 5 000 euros ; les autres ne vont pas au-delà de 12 000 euros. Charles-Wesley Hourdé profite de l’occasion pour inaugurer la nouvelle branche de son activité consacrée à l’art contemporain africain, 31 Project, créé avec Clémence Houdart. Des masques africains dialoguent ainsi avec des photographies de la Malienne Fatoumata Diabaté. La galerie Kanaga présente « Drôles d’oiseaux » avec une sélection de pièces, masques et statues ayant pour thème les oiseaux. Parmi eux, on peut admirer un oiseau Senoufo Propianong, de Côte d’Ivoire. Chez Éric Hertault, c’est une statue Songyé (45 000 €), de République Démocratique du Congo, provenant de la collection Marceau Rivière, bientôt en vente chez Sotheby’s (19 juin) qui retient l’attention.

Paris Tribal,
du 10 au 14 avril, quartier Saint-Germain/Beaux Arts, www.paristribal.com

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°520 du 29 mars 2019, avec le titre suivant : Paris Tribal en quête d’un nouveau public

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