Vendredi 17 septembre 2021

Foire

Arts premiers

Paris Tribal devra enrichir sa formule

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 21 avril 2015 - 553 mots

PARIS

Malgré les réels efforts des marchands par rapport à l’an passé, la faible fréquentation de cette édition invite à repenser ce rendez-vous.

PARIS - L’an dernier, pour la première édition de Paris Tribal, les marchands qui avaient joué le jeu en proposant des expositions thématiques avaient été récompensés. Alors cette année, ils étaient davantage à avoir fait un réel effort. Pourtant, d’un point de vue commercial, ça n’a pas été un succès pour tout le monde même si sans cet événement, Olivier Castellano, qui s’est délesté d’au moins six objets, dont une statue Mumuye du Nigeria, note qu’« [il n’aurait] pas vendu autant ». Pour Anthony Meyer, qui a vendu surtout des objets esquimau, « par rapport aux efforts déployés par les marchands, le public n’était pas au rendez-vous comme l’an passé où il y avait eu un mouvement de foule ». Il est vrai que le jour du vernissage, qui donne toujours le la, manifestations et grève dans Paris ont bloqué la circulation.

Certaines galeries avaient fait le pari d’afficher des prix raisonnables, comme la galerie Bacquart qui proposait une exposition sur les serrures Bambara issues d’une collection privée, entre 800 à 4 200 euros. Sur les dix-neuf pièces, quasiment toutes ont été vendues. Content de l’édition, Jean-Édouard Carlier (Voyageurs & Curieux), dont le thème de l’exposition « Monnaies d’échange des îles du Pacifique » n’était pas des plus faciles, a vendu une dizaine de pièces, entre 1 000 et 10 000 euros.

Des pièces atttractives
D’autres galeries avaient sorti l’artillerie lourde, comme la galerie Entwistle, qui montrait un impressionnant porte-crânes agiba (Île Goaribari, Golfe de Papouasie), ayant appartenu à Arman, proposé à « un prix haut de gamme », comme l’indiquait Lance Entwistle. La galerie Alain Bovis a vendu un masque du Népal, à patine croûteuse, tandis que Julien Flak a cédé sa pièce phare, un masque de danse Yup’ik Eskimo (Alaska) et un crâne Dayak (Borneo) incisé, déformé en signe de beauté (autour de 15 000 euros) et était ravi d’avoir revu ses collectionneurs importants. Pour Renaud Vanuxem, ces trois jours ont été « globalement satisfaisants ». Il a vendu un masque Sepik (ancienne collection Allan Stone) et a noté un intérêt plus marqué pour les objets entre 5 000 et 10 000 euros. La galerie Indian Heritage qui présentait « le Conte Himalayen » dans son nouvel espace rue Guénégaud (ancienne galerie Alain Lecomte) a notamment vendu une divinité en bois (ouest du Népal) se tenant la tête, dont l’expression ahurie n’était pas sans rappeler Le Cri de Munch. À la galerie Noir d’Ivoire, Yasmina Chenoufi a rencontré un véritable « succès d’estime » avec son exposition Symboles de femmes/emblèmes de roi mais « commercialement, c’était difficile ». Elle a cependant vendu un sceptre royal Akan Baoulé (Côte d’Ivoire).

Pour cette deuxième édition, certaines failles sont apparues et les marchands sont décidés à rectifier le tir car si la démarche est intéressante, peut-être faut-il plus de personnalité à l’événement en le couplant avec l’exposition d’une collection particulière ou des conférences. Peut-être faudrait-il aussi envoyer un carton d’invitation commun et réaliser un catalogue, sans oublier de faire revenir les locomotives comme Alain de Montbrison et Bernard Dulon pour « conserver l’esprit de confrérie », notait un participant ? Mais l’événement est jeune, il faut lui laisser le temps de s’installer.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°434 du 24 avril 2015, avec le titre suivant : Paris Tribal devra enrichir sa formule

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