« Unlimited »

Ou l’art version « king size »

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 8 juin 2016

Avec ses œuvres hors gabarit, le secteur « Unlimited » promet toujours du spectaculaire.

Parce qu’elle ouvre traditionnellement les festivités de la semaine bâloise, l’inauguration d’« Unlimited » est toujours un moment attendu des visiteurs. Ce, même si ces derniers sont, selon les éditions, confrontés au meilleur comme au pire, tant il a depuis longtemps été prouvé qu’en certains domaines, et en art en particulier, la taille ne fait pas tout. Avec 88 œuvres – un nombre jamais atteint auparavant, 14 de plus qu’en 2015 –, le secteur toujours mis en musique par Gianni Jetzer, curator at large [commissaire d’exposition attaché à un musée, NDLR] au Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington, devrait montrer s’il a pris du muscle ou de l’embonpoint.
Cette édition est l’occasion d’expérimenter quelques installations immersives. Jim Hodges (Stephen Friedman, Londres ; Gladstone, New York ; Anthony Meier, San Francisco) annonce une oasis contemplative insoupçonnable depuis l’extérieur puisque nichée derrière un enclos en bois. Et AA Bronson (Esther Schipper, Berlin) promet une folie, au sens Renaissance du terme, une architecture tant immersive qu’apparemment illogique dans sa conception, recouverte de tissu rayé rouge et blanc.

Stella, Grosvenor, McCracken et Alison Knowles
Avec un dispositif composé d’un mur en béton en deux parties et d’un double miroir dessinant une structure en croix, Alicja Kwade (303 Gallery, New York ; Kamel Mennour, Paris) brouille limites spatiales et définition des objets.
Une monumentale et ancienne composition picturale de Frank Stella datée de 1970 est annoncée (Marianne Boesky et Dominique Lévy, New York ; Sprüth Magers, Berlin), de même qu’une installation séminale de l’inclassable Robert Grosvenor datée de 1966 (Paula Cooper, New York ; Max Hetzler, Berlin). Plus minimal, David Zwirner expose Six Columns (2006), noires et monumentales, de John McCracken.

Pour se laver les mains dans un lavabo déversant en continu de l’eau bleutée, ce sera à Pamela Rosenkranz qu’il faudra s’adresser (Miguel Abreu, New York ; Karma International, Zürich ; Sprüth Magers). Ce n’est pourtant pas sous cette eau qu’il conviendra de rincer la salade de l’artiste Fluxus Alison Knowles, laquelle pourrait bien, en réactivant sa performance de 1962 Make a Salad (James Fuentes, New York), proposer l’œuvre la plus drôle de cette section. Le public sera invité à lancer en l’air les feuilles disposées sur une bâche en tirant sur celle-ci, avant qu’elle ne soit servie. L’art est bien une nourriture !

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°459 du 10 juin 2016, avec le titre suivant : Ou l’art version « king size »

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