Mercredi 12 décembre 2018

Londres : Rachel Whiteread chez Karsten Schubert

Par Roger Bevan · Le Journal des Arts

Le 1 mai 1995 - 734 mots

Après une longue gestation, Anthony d’Offay réunit cinq artistes et leur confie une salle chacun. Richard Hamilton poursuit l’exploration amorcée dans \"Treatment Room\" (1984) et \"The Lobby\" (1987). Les autres participants sont Reinhardt Mucha, Bruce Nauman, Bill Viola, et Rachel Whiteread qui a créé vingt-cinq moulages, en résine bleue, de l’espace circonscrit par un tabouret de bureau. \"Five Rooms\", jusqu’au 24 mai.

Pour sa troisième exposition dans l’ancienne galerie d’estampes de Leslie Waddington, Alan Cristea présente en avant-première, jusqu’au 20 mai, une dizaine de nouvelles gravures exécutées par Jim Dine à Vienne et à New York en 1994. "Jim Dine Winter Dream" propose un triptyque et deux diptyques sur des sujets nouveaux : un paysage de montagne et des images de corbeaux et de hiboux. Venu à Londres pour Pâques, Dine a exécuté un grand dessin au fusain directement sur le mur du fond de la galerie.

On peut voir une petite exposition André Masson chez Mayor jusqu’au 31 mai. Quinze peintures illustrent les différentes phases de la longue carrière de l’artiste, dont sept datent de sa période cubiste et de son parcours décisif avec le Surréalisme. Le catalogue comporte un court essai d’un spécialiste de la question, Dawn Ades.

La vente des quatre sculptures de Michael Ayrton qu’elle exposait cet été a encouragé la galerie Beaux-arts à commémorer le dixième anniversaire de la mort de cet artiste. Du 17 mai au 10 juin, "Michael Ayrton" rassemble quarante œuvres provenant de la succession de l’artiste ou des réserves de la galerie.

Pour sa première exposition à Londres depuis celle de 1990, chez Runkel-Hue-Williams, Will McLean présente trente nouvelles et fragiles constructions de boîtes, deux sculptures associant des éléments sculptés mixtes ainsi que des moulages d’objets trouvés. Trois thèmes continuent de retenir son attention : l’émigration écossaise en Amérique du Nord avant et après les mesures drastiques des "Highlands clearances" prises par le gouvernement anglais, la recherche du passage Nord-Ouest, et l’industrie de la pêche écossaise, actuellement victime de la politique de l’Union européenne qui désarme ses flottes. "Will McLean : Voyages", du 16 mai au 15 juin chez Art First.

Damien Hirst occupe White Cube, du 18 mai au 1er juillet. Une seule œuvre nouvelle, Still : une grande vitrine murale en verre et en acier, créée à Londres en 1994, qui déploie un luxueux catalogue de matériel chirurgical.

Un mois avant la présentation par la galerie Barbican Art des nombreuses peintures de Matthew Smith déposées à la collection du Guildhall, Montpelier Sandelson propose, du 3 mai au 7 juin, dix peintures à l’huile et dix aquarelles de l’artiste, ainsi que différentes œuvres sur papier, couvrant toutes les périodes de sa carrière. Elles s’inscrivent dans la nouvelle série d’études sur les maîtres anglais modernes inaugurée par la galerie, qui examine leur influence sur les courants les plus récents. Les artistes contemporains Gillian Ayres, Maurice Cockrill et Sheila Girling exposeront également leurs œuvres en son hommage.

Les moulages en métal de petits objets exécutés par Thomas Schütte répondront aux sculptures en feutre créées par Richard Deacon pour leur installation à quatre mains chez Lisson, dans la galerie principale. Schütte a également rempli la salle donnant sur Bell Street d’une série de colonnes surmontées de figurines emprisonnées sous des globes de verre. Il a aussi déployé de grandes photographies des visages des figurines sur les murs. Trois nouvelles sculptures de Deacon occuperont la galerie du premier étage. "Richard Deacon et Thomas Schütte : Them and Us", du 6 mai au 1er juillet.

Rachel Whiteread, prix Turner 1993, s’installe chez Karsten Schubert du 17 mai au 24 juin. Curieusement, cette artiste qui s’est taillé une grande réputation à Londres avec House, créée dans un modeste jardin public de l’East End à l’automne 1993, n’avait pas exposé chez son marchand depuis quatre ans. Pour cette occasion, elle a créé une grande pièce – sans titre – en résine verte.

Conçue par Carl Freedman – à qui l’on doit "Modern Medecine", "Gambler", "Market" de Michael Landy et autres manifestations du Building One –, "Minky Manky" réunit sept jeunes artistes, apparemment représentatifs de l’activité artistique londonienne, à la South London Gallery, jusqu’au 14 mai. On retrouve Damien Hirst, avec un grand cube de verre renfermant une illusoire sphère en suspension, Mat Collishaw, Critical Decor, Tracey Emin, Gary Hume, Sarah Lucas et Steven Pippin. S’y ajouteront Gilbert & George, représentés par deux œuvres photographiques en noir et blanc des années soixante-dix.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°14 du 1 mai 1995, avec le titre suivant : Londres : Rachel Whiteread chez Karsten Schubert

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