Mercredi 28 octobre 2020

L’estampe contemporaine : de l’art pour tous

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 23 février 2012 - 436 mots

Relativement bon marché et non moins créative que le dessin ou la peinture, l’estampe ouvre le champ de la collection à un large public amateur d’art contemporain.

Fortement liée au monde du livre illustré, l’estampe a parallèlement beaucoup évolué dans la création contemporaine. On ne le sait sans doute pas assez, mais l’estampe contemporaine, dans toute la diversité de ses techniques (gravure sur bois ou sur métal, lithographie, sérigraphie), est considérée comme un art à part entière par les nombreux artistes qui s’y adonnent [lire aussi p. 34]. Son vocabulaire actuel s’est extrêmement diversifié et elle séduit des artistes de toutes influences artistiques, de la figuration à l’abstraction en passant par le tag.

La technique permet, par exemple, de produire de grands formats. En 2004, Carole Benzaken (lauréate du prix Marcel-Duchamp la même année) a réalisé une lithographie intitulée Candide sous la forme d’un rouleau de 20 m de long (large de 5,6 cm). L’un des trente exemplaires de cette œuvre (éditée par les éditions item et vendue 4 000 euros l’unité) a tout de suite été acheté par le Museum of Modern Art (MoMA) de New York.

L’estampe constitue un domaine de collection très accessible financièrement pour les amateurs d’art contemporain. Il existe un large choix d’œuvres à moins de 1 000 euros. Le prix d’une pièce augmente en fonction de la notoriété de l’artiste, du format et de la petitesse du tirage qui fait sa rareté. Pour autant, l’estampe n’a pas la visibilité qu’elle devrait avoir sur le marché de l’art contemporain. Pour des raisons financières, notamment la faiblesse des marges bénéficiaires, peu de galeries d’art actuel produisent ou diffusent ce type d’œuvres.

Toutefois, l’estampe est loin d’être négligée dans les grandes collections. Celle de la Société Générale, initiée en 1995, et qui constitue l’un des plus importants ensembles d’art contemporain réunis par une banque en France, rassemble à ce jour près de trois cent cinquante œuvres originales (peintures, sculptures et photographies), mais aussi sept cents lithographies, éditions et sérigraphies d’artistes confirmés tels que Jean-Michel Alberola, Pierre Alechinsky et Antoni Tàpies, disparu le 6 février, ou de jeunes artistes à l’instar de Barthélémy Toguo et de Mathieu Mercier [lire portrait p. 26]. Des lithographies d’artistes étrangers, comme ceux de la scène chinoise contemporaine (Wang Guangyi, Yue Minjun ou encore Zhang Xiaogang), ont également été choisies par la banque.

Où acheter de l’estampe

Galerie Michèle Broutta, 31, rue des Bergers, Paris-15e, tél. 01 45 77 93 71, www.galerie-broutta.com

Galerie Catherine Putman, 40, rue Quincampoix, Paris-4e, tél. 01 45 55 23 06, www.catherineputman.com

Galerie item, 51, rue du Montparnasse, Paris-14e, tél. 01 43 35 35 35, www.itemeditions.com

Patrice Forest, directeur de la galerie item

Questions à...

Comment se porte le marché de l’estampe ?
La galerie item existe depuis 1987 et a toujours produit des lithographies. Notre chance est d’être adossés à un atelier qui est l’imprimerie d’art Idem. Internet a énormément contribué à la diffusion de l’estampe et au développement de ce marché. Les estampes sont un domaine très actif à l’international et nous représentons pour la lithographie des artistes très collectionnés comme Sophie Calle, Raymond Pettibon, Paul McCarthy, Miquel Barceló, Jean-Michel Alberola ou encore David Lynch. Nous travaillons aussi beaucoup avec des artistes japonais. Cette année, nous avons récupéré des presses à taille-douce de l’ancienne imprimerie de Piero Crommelynck (le graveur de Picasso) grâce auxquelles nous allons pouvoir accueillir des artistes graveurs.

Comment faire davantage connaître cet art ?
La grande foire d’art contemporain Art Basel a mis très tôt l’accent dessus en créant, il y a plusieurs années, un département, « Art Edition » avec une quinzaine de participants. Nous y allons souvent. Mais je me pose tout de même la question de la sectorisation de l’estampe dans les foires d’art contemporain.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°644 du 1 mars 2012, avec le titre suivant : L’estampe contemporaine : de l’art pour tous

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