Mercredi 21 octobre 2020

PEINTURE ANCIENNE

Les tableaux anciens se font rare

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 6 septembre 2017 - 527 mots

Alors que Paris tableau avait rejoint la Biennale l’an dernier et enrichi la section, cette édition compte nombre de défections.

Paris. En novembre 2015, le salon Paris Tableau consacré à la peinture ancienne tenait son dernier opus et annonçait qu’il rejoignait la Biennale. Une bonne nouvelle puisque la ­discipline y faisait pâle figure depuis ­plusieurs années. Aussi, en septembre 2016, la section des tableaux était l’une des plus étoffées, soit une trentaine d’exposants (contre moins d’une dizaine en 2014). Cette année, il en va différemment, puisqu’ils ne sont que treize marchands spécialisés. Les galeries De Jonckheere, Canesso, Haboldt, Jean-François Heim, Talabardon & Gautier, Terrades, Charles Beddington ou encore Carlo Virgilio ne renouvellent pas l’expérience. Deux raisons expliquent ces défections : « d’une part, la pérennité dans laquelle Paris Tableau s’était associé n’a pas eu lieu avec le changement de direction et d’autre part, le nouveau salon Fine Arts Paris qui se tiendra en novembre au Palais de la Bourse, aux mêmes dates et lieu que l’ex-Paris Tableau accueille une partie des marchands de tableaux qui souhaitent avoir une présence à Paris », explique un connaisseur du marché. Effectivement les galeries de Bayser, Canesso, Jean-François Heim, De Jonckheere, Talabardon & Gautier ou encore Terrades qui ont déserté la Biennale y seront.
 

Désaccords et déceptions du côté des marchands

S’il semble exister quelques tensions entre les organisateurs de la Biennale et ceux de Paris Tableau – dont la première édition du salon transféré à Bruxelles à la suite d’un contrat conclu avec le Syndicat national des antiquaires les « chassant » de la place parisienne n’a pas été couronnée de succès – les marchands en faveur de la Biennale expriment leur déception. Ainsi Giovanni Sarti regrette « que les marchands de tableaux anciens partent de la Biennale, ce n’est pas bien pour l’image du marché de l’art à Paris ». À cela s’ajoute le fait qu’il ne figure aucune nouvelle enseigne parmi les participants de cette 29e édition.

Toutes les écoles – du Nord, italiennes, françaises, espagnoles… – sont représentées, tout comme chaque genre est abordé, que ce soit les paysages, les natures mortes, les portraits ou les scènes religieuses. Il faut se rendre sur les stands d’Ana Chiclana pour apprécier un Christ à la colonne, de l’artiste espagnol Luis Morales (1510-1586) ; chez Jacques Leegenhoek pour y découvrir une œuvre du peintre caravagesque flamand Adam de Coster (vers 1586-1643), Jeune chanteur à la bougie (au-dessus de 100 000 €) ; chez Michel Descours pour contempler Les Pèlerins d’Emmaüs, de Mathieu Le Nain (1607-1677) ; à la galerie Sarti pour y admirer une Pietà (1647) d’Agostino Melissi, une commande du prince Léoplod de Médicis (300 000 €) ; chez Philippe Mendes pour voir un petit format exécuté sur cuivre par Adam Van der Meulen représentant l’entrée triomphale de Louis XIV dans une ville de bord de mer, sans oublier d’examiner chez Éric Coatalem un Jeune garçon endormi, XVIIIe, de Greuze, L’Entraînement avec le lad et le propriétaire, XIXe, d’Alfred de Dreux chez Alexis Bordes ou encore Espagnols, 1879, une danseuse de flamenco peinte sur un tambourin par Édouard Manet, un excellent témoignage de sa manière espagnole (galerie Bérès, autour de 350 000 €).

 

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°484 du 8 septembre 2017, avec le titre suivant : Les tableaux anciens se font rare

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