Vendredi 28 février 2020

La foire de Maastricht

Les nouvelles dynamiques qui traversent Tefaf

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 2 mars 2016 - 641 mots

Solide et dominatrice, la foire doit cependant gérer la raréfaction des chefs-d’œuvre, l’effacement du mobilier ancien et un secteur contemporain encore trop restreint.

Tefaf ouvre ses portes à Maastricht (Pays-Bas) à partir du 11 mars et ce pour une dizaine de jours. Au fil des années, elle s’est imposée comme la foire d’art et d’antiquité la plus prestigieuse au monde, se définissant elle-même comme « la plus grande ». Certes, Tefaf est la plus grande foire d’antiquités en termes d’exposants puisqu’elle en accueille 270 quand la Brafa (Bruxelles) en compte moins de 140, et que la Biennale des antiquaires (Paris) en regroupera en septembre prochain environ 120. Mais c’est aussi une foire incontournable, tant pour la variété que pour la qualité des exposants qui attirent chaque année de nombreux collectionneurs internationaux, ainsi que plus de 200 représentants des plus grandes institutions au monde. Plus de 75 000 visiteurs viennent chaque année arpenter  les 30 000 m2 d’exposition et contempler plus de 30 000 objets parmi trente spécialités, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Autre force de Tefaf, son vetting (le contrôle de l’authenticité et la provenance des œuvres) qui réunit près de 180 experts. « La devise de notre vetting ? Le bénéfice du doute profite à l’acheteur potentiel. Cela signifie que, si pour une raison ou une autre, il est impossible de déterminer la qualité, l’authenticité, l’état ou la provenance d’un objet, cet objet est retiré de la foire », explique Patrick van Maris, président de Tefaf depuis mars 2015.

« Se débarasser du bois mort »
Mais après presque trente ans d’existence, même la plus grande des foires peut avoir besoin de quelques petits remaniements et Patrick van Maris a bien l’intention de dépoussiérer les choses. C’est ainsi que plus d’une vingtaine de marchands, qui n’avaient plus leur place, n’ont pas été renouvelés. La foire en profite pour réduire le nombre de ses exposants. Résultat, ils sont 270 cette année contre 280 l’an passé, dont quinze nouveaux venus, comme Mireille Mosler (New York) dans la section papier, Waddington Custot (Londres) dans la section moderne ou encore Sydney L. Moss (Londres) et Jean-Michel Renard (Bellenaves, France) dans la section antiquités. Il faut dire aussi que pour la première fois, les marchands avaient l’obligation de s’inscrire sur Internet jusqu’à une date limite, alors que jusqu’à maintenant, ils étaient reconduits tacitement d’année en année. « Cela a permis de nettoyer un peu car depuis longtemps l’on souhaitait se débarrasser du bois mort », commente l’un des exposants. Mais la grande actualité de l’année est le déploiement de la foire à New York, qui se fera en deux temps (lire l'article du Jda).

Ce qui ne change pas, c’est le partage de l’espace en sections : antiquités (101 marchands), peinture ancienne (58), œuvres modernes (54), design (11), œuvres sur papier (23) et la section spéciale qui vient renforcer Tefaf Modern, l’exposition « Show Your Wound » (Montre ta blessure) sous la houlette de Mark Kremer, dans le même esprit que « Night Fishing » par Sydney Picasso l’an passé. 36 marchands français sont présents contre 75 anglais, 37 hollandais, 32 allemands et 21 galeries américaines. La section showcase, introduite en 2008 et qui a pour but d’ouvrir Tefaf a de jeunes marchands récemment établis, accueille cette année cinq galeristes dont deux Français, Laurent Dodier, marchand d’art tribal et Oscar Graf, spécialisé en mobilier et objets d’art de 1870 à 1910. En forme d’hommage, il expose huit objets de huit artistes présentés en 1993 lors de l’exposition « 1900 Decorative Arts » au Detroit Institute of Arts, « une exposition qui a beaucoup compté dans notre spécialité », indique le marchand. Conscients des faiblesses de Tefaf et notamment de son immense espace, les organisateurs ont souhaité faciliter l’accès à certaines spécialités. À cet effet, une nouvelle disposition du hall d’entrée permet désormais un double accès à la foire et notamment un accès direct à la section Tefaf Antiques. Quant à la section papier, placée à l’étage depuis ses débuts en 2010, une entrée plus visible et plus spacieuse avec ascenseurs et escalators lui est réservée.

Consulter le site de la TEFAF

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<b>Légende photo</b><br />
Un stand à la TEFAF lors du vernissage, jeudi 10 mars 2016 © Photo <em>LeJournaldesArts.fr</em></p></div></body></html>

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°452 du 4 mars 2016, avec le titre suivant : Les nouvelles dynamiques qui traversent Tefaf

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