Foire

Le marchand Serge Plantureux crée une biennale de photographie en Italie

Par Christine Coste · lejournaldesarts.fr

Le 7 mai 2019 - 535 mots

SENIGALLIA / ITALIE

La Biennale de Senigallia entend faire de la ville de Mario Giacomelli la cité de la photographie en Italie. 

La piazza Garibaldi dans la ville de Senigallia, ville de naissance de Giacomelli et lieu de la première biennale de la photographie organisée par Serge Plantureux.
La piazza Garibaldi dans la ville de Senigallia, ville de naissance de Giacomelli et lieu de la première biennale de la photographie organisée par Serge Plantureux.

Senigallia est la ville du célèbre photographe décédé en 2000 Mario Giacomelli. Elle a été aussi du 2 au 4 mai le cadre de la première édition de la Biennale de Senigallia initiée dans la région des Marches par le marchand de photographies Serge Plantureux. Foire et conférences ont été organisées à l’intérieur du Palazzetto Baviera où se tient jusqu’au 2 juin Petits trésors du XIXe siècle, une des deux expositions manifestes de la Biennale avec celle consacrée à Cavalli - Ferroni - Giacomelli présentée au Palazzo del Duca, riches en épreuves inédites. La photographie des années 1839-1989 et les tirages d’époque sont la raison d’être de la biennale. 

Serge Plantureux n’est pas le premier marchand à créer une manifestation exclusivement réservée aux vintages, albums photos et autres objets photographiques de la naissance du médium jusqu’au début du numérique. L’Association of International Photography Art Dealers (AIPAD) organise depuis 39 ans à New York, le Photography Show. La London Photography Fair dont l’édition 2019 se tient le 18-19 mai à King’s College à deux pas de Photo London est née elle aussi d’un regroupement de marchands. Il y a deux ans Bruno Tartarin créait de son côté Photo Paris Vintage Fair au Pavillon Wagram. 

La Biennale de Senigallia se distingue toutefois de ses aînées par le soutien  apporté par le maire de la ville, Maurizio Mangialarde. Il est vrai que Serge Plantureux est un familier de la cité depuis les années 1990. À défaut d’avoir pu créer le musée de la photographie qu’elle souhaitait, la municipalité forte de la notoriété de Mario Giacomelli espère que cet événement fera de Senigallia la ville de la photographie en Italie. 

Francesca Bonetti, conservatrice des collections photographiques de l’Institut Nationale per la Grafica à Rome, est cosignataire des deux expositions de la Biennale. Sa participation s’inscrit dans son engagement à sensibiliser le plus grand nombre à l’histoire de la photographie mais aussi à sa sauvegarde. « La situation de la photographie historique en Italie est en mal de reconnaissance, d’intérêt et de financement pour sa conservation et valorisation », souligne-t-elle. 

« Cette initiative donne une visibilité salutaire aux matériaux et archives historiques à une époque où le tirage moderne et le contemporain prédominent dans les foires et les expositions », poursuit-t-elle en prenant pour référence l’exposition Paolo Di Paolo actuellement au MAXXI à Rome et MIA, la foire photo de Milan. 

Serge Plantureux explique son choix de créer cette biennale en Italie et non en France, « par ses liens avec Senigallia depuis près de trente ans et l’ouverture d’un bureau » dans cette cité de 45 000 habitants de la côte Adriatique en complément de son implantation parisienne. 

Pour son premier galop d’essai, la foire a attiré un groupe réduit de marchands, 19 au total en provenance pour un tiers d’Italie et un tiers de France. On est loin de la centaine d’exposants de Photo Paris Vintage Fair et de son volume d’affaires mais chacun pouvait y trouver son compte.

La présence du galeriste Daniel Blau et du collectionneur de photographies du XIXe Serge Kakou sont considérés comme des signes positifs.
 

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