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ENTRETIEN

Le galeriste italien Massimo de Carlo s’installe à Paris avec un concept original

Par Anne-Cécile Sanchez · Le Journal des Arts

Le 10 février 2021 - 620 mots

PARIS

Après Milan, Londres et Hongkong, le marchand italien doit inaugurer le 9 février à Paris, 57 rue de Turenne, un nouvel espace baptisé Massimo de Carlo Pièce Unique.

Massimo de Carlo. © Pasquale Abbattista
Massimo de Carlo.
© Pasquale Abbattista

Pourquoi ouvrir une nouvelle galerie à Paris ?

Nous n’avons pas tant décidé d’ouvrir un nouvel espace à Paris que de reprendre le concept très particulier de Pièce Unique, la galerie fondée en 1989 à Saint-Germain-des-Prés par Lucio Amelio, qui avait pour principe de présenter une seule œuvre, visible jour et nuit en vitrine.

Connaissiez-vous Lucio Amelio ?

Nous nous étions rencontrés, mais nous n’appartenons pas à la même génération. C’était l’un des marchands italiens les plus importants des années 1970-1980.

Vous avez donc racheté sa « marque » ?

Ce n’était pas une marque, seulement une galerie, toujours en activité. J’aurais pu baptiser cette nouvelle adresse « Massimo de Carlo Unique », ou « Massimo de Carlo One », ou « One Work »… Mais nous voulions reprendre ce concept original, nous nous sommes donc acquittés d’un droit d’auteur, comme un hommage à cette aventure spécifique qui a duré 25 ans sans dévier de son idée initiale, consistant à présenter une seule œuvre à la fois.

En quoi ce concept vous semble-t-il toujours actuel et séduisant ?

Il permet de redécouvrir la relation directe avec l’œuvre. D’ordinaire, lorsque vous entrez dans un espace d’exposition, vous vous trouvez face à une grosse machinerie, avec beaucoup de pièces, un parcours. C’est très excitant, mais en même temps je pense que nous avons perdu quelque chose d’essentiel : la rencontre avec l’œuvre d’art et l’occasion de saisir pleinement son potentiel.

Est-ce un concept rentable pour une galerie ?

Je l’espère, car c’est un projet commercial. Mais cela nous permet surtout de développer un format de structure plus raisonné, un modèle durable, davantage consacré à la production de contenus qu’à sa propre promotion. Nous voulons échapper à la posture narcissique du « lieu d’art », avec ses vernissages, ses événements… Ce que nous mettons en avant, c’est le pouvoir de l’œuvre, pas celui de la galerie. Il s’agit de redécouvrir l’artiste, l’art en soi. Nous allons proposer entre quinze et vingt expositions par an. Certaines ne seront visibles qu’une ou deux semaines, cela changera en permanence.

Quels seront les artistes et les médiums exposés ?

Nous allons ouvrir avec une œuvre inédite de Kaari Upson, Clay Baby. Puis nous annoncerons la suite au fur et à mesure. Au gré des expositions, nous montrerons toutes sortes de médiums. La galerie, réaménagée par l’architecte Kengo Kuma, a une surface de 80 m², bureau compris. Elle offrira un programme constamment renouvelé, selon un rythme soutenu et très dynamique avec des lancements, des pauses, une énergie, comme une partition musicale. Pièce Unique sera ouverte à toutes sortes d’expérimentation.

En quoi sa programmation sera-t-elle surprenante ?

Vous pourrez passer mardi à la galerie, remarquer une œuvre, revenir le jeudi suivant pour la revoir et ne pas la trouver, car il y en aura une autre à la place. Une question de rythme.

Cette dynamique sera-t-elle une incitation à l’achat, sous peine de manquer une occasion ?

Il s’agit de faire de cette vitesse de renouvellement un atout. On ne pourra manquer aucune actualité de la galerie car celle-ci sera relayée sur Internet. Notre stratégie reposera sur cette articulation entre l’espace physique et une communication numérique renforcée, via notre site, mais aussi via les réseaux sociaux comme Instagram, avec un compte spécifique : @massimodecarlopieceunique. Nous réfléchissons à une collaboration avec Artsy. Mais les œuvres seront vendues selon les règles classiques du business offline.

Les pièces présentées seront-elles produites spécifiquement ?

Oui, absolument. Nous montrerons des pièces inédites, mais aussi – et ce sera un mélange très intéressant – des œuvres du second marché. Nous prévoyons, par exemple, un hommage spécial à Lucio Amelio à travers des œuvres qu’il avait été le premier à présenter.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°560 du 5 février 2021, avec le titre suivant : Le galeriste italien Massimo de Carlo s’installe à Paris avec un concept original

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