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Le célèbre centre commercial russe GOUM se met à l’art contemporain

Par Emmanuel Grynszpan (correspondant à Moscou) · lejournaldesarts.fr

Le 24 avril 2019 - 550 mots

MOSCOU / RUSSIE

Une première galerie d’art contemporain intitulée Gum Red Line vient d’ouvrir au milieu des boutiques de luxe.

Le festival d'art contemporain GUM Red Line installé dans le GOUM
Le festival d'art contemporain GUM Red Line installé dans le GOUM
© BoscoMagazine
Courtesy GUM Red Line

Les galeries marchandes les plus réputées de Moscou (le GOUM) distraient ce printemps les touristes avec un festival d’art contemporain inattendu. Le très conservateur GOUM rompt avec la tradition avec ce mariage entre création contemporaine et shopping de luxe. Le Festival baptisé en anglais « GUM Red Line » a été lancé le 18 avril en présence d’une quinzaine de grands noms de l’art contemporain russe venus présenter une centaine d’oeuvres au grand public. En accès libre, l’exposition se déroule dans la 1ère allée du centre commercial, bordée par les boutiques de mode. 

GUM Red Line présente 15 artistes russes, la plupart déjà très connus, dans le cadre d’un festival que ses initiateurs annoncent comme annuel. GUM Red Line sert aussi de rampe de lancement à une nouvelle galerie d’art, qui porte le même nom. Perchée au 3e et dernier étage, GUM Red Line offre une vue plongeante sur la Place rouge et donne directement sur les hauts murs du Kremlin. 

Le festival est présenté comme non-commercial, avec une partie des oeuvres créées spécialement pour l’événement, le reste venant de collections privées ou prêtées par les artistes. La partie commerciale se trouve dans la galerie d’art, qui expose les mêmes 15 artistes participant au festival. On y trouve une large gamme de prix, démarrant à 2 500 euros et montant jusqu’à 90 000 euros pour un triptyque du groupe AES+F et 110 000 euros pour une très grande toile de Vladimir Duborsarsky.  Mais l’essentiel des oeuvres restent en-dessous des 50 000 euros. 

Les artistes sélectionnés ont largement dépassé la quarantaine et ont émergé après la Perestroïka :  Oleg Kulik (né en 1961), Semyon Faibisovich (1949), Andrey Bartenev (1965), Pavel Pepperstein (1966), Konstantin Zvezdochetov (1958), Aidan Salakhova (1964), Gosha Ostretsov (1967), Sergey Bratkov (1960). On trouve aussi l’étonnante et méconnue Bella Levikova (1939), unique représentante de la génération dite « non conformiste », mais dont les peintures abstraites, piquantes et joyeuses l’ont toujours placée à l’écart de ses compatriotes. À l’autre bout de l’échelle des âges, Tania Pioniker (1994) se distingue par des aquarelles très précises et soignées, d’inspiration surréalistes.

L’initiative du festival et de la galerie revient au maître des lieu. Mikhaïl Koursinovitch, 52 ans, homme d’affaires multimillionnaire gérant le GOUM et propriétaire de la maison de couture Bosco di Ciliegi (« bois de cerisier » en italien) affirme vouloir « divertir les visiteurs du GOUM » avec ce festival. Il n’est pas collectionneur et, à l’écouter, ne semble pas particulièrement sensible à l’art contemporain. Mais il a une influence considérable dans le monde de la mode, et sa famille organise depuis 2001 le festival d’art « bois de cerisier ». 

Bosco di Ciliegi fait appel depuis 4 ans à des grands artistes contemporains russes pour illustrer son magazine de mode. Contribuant ainsi à populariser la création actuelle parmi les victimes de la mode et plus largement auprès des touristes et du grand public. C’est du moins l’ambition affichée par Igor Kazakov, responsable du festival et de la galerie. 

Plus que la popularisation de l’art contemporain, l’un des effets positifs de cette initiative pourrait être d’avoir un effet d’entraînement auprès d’autres grandes fortunes russes, dont la mentalité reste dans l’ensemble très conservatrice.
 

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