Dimanche 25 février 2018

Art contemporain

L’adieu à Roger Pailhas

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 27 août 2007

Les amateurs d’art contemporain ont apprécié la collection réunie par le galeriste. Quatorze records du monde ont été établis lors de cette vente.

PARIS - Le 26 avril, Christie’s a rendu hommage au galeriste marseillais Roger Pailhas décédé en 2005 en dispersant 136 lots d’œuvres d’art et de mobilier contemporain de sa collection. La vacation n’a pas manqué d’émotion puisque des proches du galeriste présents dans la salle ont souhaité acquérir une pièce en souvenir de leur ami disparu. « Les choix de Roger Pailhas ainsi que sa réputation ont contribué au succès de la vente, attirant de nouveaux enchérisseurs, artistes, collectionneurs, qui n’ont pas hésité à acquérir des œuvres de jeunes artistes encore jamais passés en salle de ventes, telles Madeleine Berkhemer ou Corinne Marchetti. Un ensemble d’œuvres de Joep van Lieshout, artiste hollandais à la frontière entre le design et l’art non fonctionnel, a attiré la curiosité des collectionneurs », a déclaré Caroline Smulders, consultante indépendante en charge de la collection Pailhas. Quatorze records du monde ont été établis à l’issue de la vacation, y compris pour Joep van Lieshout avec un Bureau K4121 de 1991 vendu 10 200 euros.
Daniel Buren a fait partie des grosses enchères de la soirée : une Peinture aux formes variables a atteint le prix record de 247 200 euros. Buren faisait partie des artistes que Roger Pailhas défendait et collectionnait, avec Pierre Huyghe. Une photo de ce dernier, intitulée Rue Longvic, Dijon, 1995 et vendue 38 400 euros, a aussi pulvérisé un record. Partant d’une estimation de 5 000 euros, Tango Vigor 3, une œuvre de Haim Steinbach datant de 1989, composée d’une étagère en bois recouverte de stratifié sur laquelle reposent trois ballons Adidas et trois bidons de Vigor, s’est aussi envolée à 38 400 euros. Autre record, Mon Kiosque, Tom Cruise, une sculpture de Wang Du, a trouvé preneur à 26 400 euros, bien au-dessus de son estimation haute. Enfin, la Boîte de Piero Manzoni ouverte par Bernard Bazile a été adjugée 24 000 euros, trois fois son estimation.
Le pedigree Pailhas a bénéficié aux artistes marseillais, moins visibles sur la scène internationale et dont les œuvres n’étaient pas ou peu passées aux enchères. Une gouache et collage de papiers sur toile de Gérard Traquandi a atteint 11 760 euros tandis que Je suis jeune, une broderie sur tissu de Corinne Marchetti, est partie à 6 000 euros contre une estimation de 1 000 euros.
« Les photos de Dan Graham se sont bien vendues ainsi que les deux toiles de Walter Dahn, pour 16 800 et 21 000 euros, signale encore Florence de Botton, directrice du département d’art contemporain de Christie’s. Le Diptyque de 1977 de Jean-Pierre Pincemin, adjugé 32 400 euros, est l’un des meilleurs prix pour l’artiste. La Vitrine de référence de Boltanski, emportée à 50 400 euros, a largement dépassé son estimation. Idem pour le 36 Cyprion Sum de Carl Andre, qui s’est envolé à 70 000 euros. Momento I, une pièce historique de Juan Muñoz estimée 18 000 euros, pour laquelle six téléphones étaient en compétition, a été emportée à 86 400 euros. »

COLLECTION PAILHAS

- Expert : Florence de Botton - Estimation totale : 800 000 euros - Résultat : 1,27 million d’euros - Résultat en valeur : 94 % - Lots vendus : 79 %

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°237 du 12 mai 2006, avec le titre suivant : L’adieu à Roger Pailhas

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