Vendredi 23 février 2018

La valeur inouïe de l’art inuit

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 8 août 2007

Les masques et objets eskimos sont d’une insigne rareté. Les collectionneurs initiés s’arrachent cet art lointain, révélé dans les années 1940 par les surréalistes, mais peu connu du grand public.

Vaste est le territoire des Eskimos (ou Esquimaux), appelés Inuits dans leur propre langue. Depuis deux mille ans, avec le peuple de Denbigh (détroit de Béring), les noms de clans se succèdent, mais la culture reste la même. Le long du cercle polaire, on distingue les cultures Okvik, Punuk, Ipiutak du nord de l’Alaska, les civilisations Kaniagmiut, et Aléoute du sud et sud-ouest de l’Alaska et les populations pré-Dorset, Dorset et Thulé du Canada et du Groenland.
Les cérémonies masquées occupaient une place prépondérante dans la vie quotidienne et la culture des peuples eskimos. Les outils pour la chasse et la pêche et autres objets usuels, sculptés dans de l’ivoire de morse ou de narval, de l’os de baleine ou du bois, sont les rares témoignages de leur art.

Les prix se réchauffent
C’est grâce aux surréalistes que l’art eskimo fit son entrée dans les grandes collections européennes. Dans les années 1940, en se promenant sur la Troisième Avenue à New York, le peintre Max Ernst tomba sur la boutique de Julius Carlebach plus tard qualifiée par Claude Lévi-Strauss de « caverne d’Ali Baba ». Il eut la surprise d’y découvrir de superbes masques eskimos collectés à la fin du xixe siècle, en provenance du musée new-yorkais de la Heye Foundation. Dès le lendemain de sa découverte, il revint accompagné de ses amis de la mouvance surréaliste, André Breton, Claude Lévi-Strauss, Matta, Enrico Donati, Georges Duthuit, Isabelle Waldberg et Robert Lebel. Émerveillés, ils décidèrent d’acquérir un important groupe de masques.
On trouve de petits objets sculptés, retrouvés dans la profondeur de la banquise, à partir de 1 000 euros chez les marchands parisiens, mais le plus souvent dans les salles des ventes de New York. Pour une jolie figure votive stylisée, l’addition peut vite monter à plusieurs milliers d’euros. Comptez de 30 000 à 100 000 euros, pour un quasi introuvable masque eskimo. Ces masques sont rarissimes car en principe ils étaient détruits après la cérémonie. Dès qu’il en apparaît un sur le marché, tous les collectionneurs se l’arrachent.

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Galerie Alain de Monbrison, 2, rue des Beaux-Arts, Paris VIe, tél. 01 46 34 05 20, www.monbrison.com. Marchand et expert de renom en arts premiers, Alain de Monbrison est l’un des rares spécialistes de l’art eskimo en Europe. Galerie Flak, 8, rue des Beaux-Arts, Paris VIe, tél. 01 46 33 77 77, www.galerieflak.com. Les arts primitifs africains et océaniens comme l’art tribal d’Amérique du Nord passionnent Édith, Roland et Julien Flak. Petits objets sculptés et masques inuit sont régulièrement exposés à la galerie. Maison de ventes aux enchères Calmels-Cohen, 12, rue Rossini, Paris IXe, tél. 01 47 70 38 89, www.calmelscohen.com Après la vente de la collection André Breton en 2003 où figuraient des masques eskimos, la maison de ventes dispersera le 4 décembre un ensemble de masques eskimos de l’ancienne collection Robert Lebel (1901-1986).

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°585 du 1 novembre 2006, avec le titre suivant : La valeur inouïe de l’art inuit

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